vendredi 27 février 2026

Dynastie Sarkosy

 On devrait se méfier des dynasties. Dans les années 80, la série Dallas pulvérisait l'audimat, tout en illustrant cette époque, et s'ensuivit la série Dynastie, variante un peu plus soft mais culturellement de même nature : le cynisme américain du libéralisme triomphant...

De nos jours, les Sarkosy défrayent la chronique. Ou l'effrayent, c'est selon. Le Canard enchainé de cette semaine nous tient au courant. D'abord c'est le père Nicolas, qui ces temps-ci n'est pas en prison et reçoit Boualem Sansal dans ses locaux d'ancien président, avec un double objectif : d'abord minimiser le rôle de Macron dans la libération de l'opposant algérien, et ensuite ramener celui-ci dans le giron Bolloré via les éditions Fayard. Avec un argument massue : "Ils te filent combien, chez Gallimard ?"...

Pendant ce temps, le fiston Louis, candidat à la mairie de Menton, répond à une interview de Libération, et y développe ses arguments de campagne. Il y a peu, il voulait supprimer les feux rouges. A présent il regrette l'état de la ville qu'il veut conquérir : "Y a pas un Séphora, c'est pas le luxe, Séphora. Y a pas un Zara ; c'est pas demander énormément, ça." Mais il reste optimiste : "Y a un putain de projet à avoir. Cette ville a un potentiel de dingue !"...

On a les dynasties qu'on peut.

vendredi 6 février 2026

Au secours, Gavalda revient !

 On avait fini par l'oublier, sans effort ni regret. Voilà dix ans qu'elle avait disparu des radars, ne laissant que le souvenir des millions d'exemplaires vendus au début des années 2000. Mais voilà qu'Anna Gavalda refait parler d'elle, via le Figaro. Simple stratégie de com, ou présage d'une nouvelle publication ? Nous verrons bien, et sans impatience particulière. Car durant les années de ses succès, elle annonçait l'arrivée triomphale d'une littérature (?) faite d'insignifiance légère, doublée d'un personnage d'ado écervelée, mal mûrie et évoluant dans le monde de oui-oui (dixit le Jourde-Naulleau). Cela pouvait heureusement trancher avec les lourds pensums victimaires écrits à la truelle qui abondaient déjà, mais cela ressemblait fort à un éloge du vide et du creux, à partir des avatars du français moyen.

Alors, me direz-vous, pourquoi parler de Gavalda ? Parce que, derrière la vacuité de sa production, on sentait un potentiel, et un style sinon exceptionnel du moins très personnel : sa saveur, sa légèreté, son humour n'étaient pas dénués de charme et lui conféraient une place à part. Même si son narcissisme immature pouvait être agaçant, on pouvait croire qu'elle avait assez de talent pour écrire autre chose, plutôt que de mettre ce talent au service du vide.

Alors on ne sait aujourd'hui que penser de cette annonce. S'il ne s'agit que d'empêcher AG de sombrer dans l'oubli, c'est inutile car déjà fait. S'il s'agit de préparer la parution d'un nouvel ouvrage, ce qui semble probable, c'est un non-évènement. A moins que ?