mercredi 28 janvier 2026

Les Klarsfeld, de rafles en rafles...

 Dans la famille Klarsfeld, on connaissait Serge et Beate, les grands chasseurs de nazis. Et puis il y eut Arno, personnage un peu politique, beaucoup médiatique, dont les frasques mondaines et les provocations post-adolescentes ont entretenu un peu de notoriété. Mais la notoriété, on le sait, demande de nos jours un entretien permanent. Après des tentatives aussi poussives que régulières, notre conseiller d'Etat, à 60 ans, a jugé bon d'en remettre une grosse couche. 

Voilà que l'autre soir, sur CNews (forcément ?) il a proposé de résoudre le problème des OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) en "organisant des sortes de grandes rafles, en essayant d'attraper le plus d'étrangers possibles, quitte à commettre quelques injustices". Le tout en se référant à la pensée trumpienne.

Dans l'art de la provocation, le mot rafle n'est pas utilisé par hasard : on sait qu'il fait référence aux rafles juives de nos années 40. Arno Klarsfeld a au fil du temps multiplié les provocations, successivement gauchistes, sarkosystes, netanyahesques et poutiniennes, mais "rafle" il fallait oser. Peu importe ici, à la limite, qu'il s'agisse de fascisme assumé, de besoin d'exister ou de tout autre névrose ; mais ce qui est excessif n'est pas toujours insignifiant, et en l'occurrence, quand on s'appelle Klarsfeld et qu'on tient ces propos, le cynisme le dispute à l'abjection et à l'ignominie.

Comment dit-on se déshonorer, au XXIème siècle ?

mardi 20 janvier 2026

Shoah et contrariétés

 On se souvient de Claude Lanzmann, le réalisateur de Shoah (1985), dont le film avait provoqué un nouveau rapport mémoriel vis-à-vis de cette tragédie. Disparu en 2018, il avait fait l'objet d'un hommage national aux Invalides. Il n'était donc pas surprenant que la mairie de Paris veuille, pour fêter l'an dernier le centenaire de sa naissance, donner son nom à une artère de la capitale, non loin du Vel d'Hiv de sinistre mémoire.

Seulement voilà. Au sein de la majorité municipale, les Verts s'y opposent farouchement ; la cause : Lanzmann a été accusé de "harcèlement sexuel" par une agent de sécurité de l'aéroport de Tel-Aviv. C'était en 2012. En 2017, horresco referens, c'est une journaliste néerlandaise qui aurait évoqué des "gestes déplacés". J'écris au conditionnel, car dans les deux cas aucune plainte n'a été déposée. Mais cette rumeur ou réalité semble suffisante aux yeux de certains pour écarter le prestigieux réalisateur de toute reconnaissance officielle.

Il ne s'agit pas ici de juger l'œuvre de Lanzmann, ni de savoir si comme le dit une pétition l'attitude des Verts est "une compromission" en ces temps où l'antisémitisme revient. Ce qui me parait grave, c'est que dans notre monde où tout se vaut, la moindre évocation non avérée (et quand bien même elle le serait il y a une échelle de valeurs) peut effacer le formidable travail qu'a été Shoah.

Nous en sommes là.

vendredi 9 janvier 2026

Bonne Année 2026

 Que peut-on raisonnablement se souhaiter en ce Nouvel An 2026, qui soit sincère, original et sensé ?

Bien sûr des vœux de santé, de sérénité, de prospérité pour les plus optimistes, et tout cela n'est pas rien... Modestement, je souhaiterai un peu plus de culture, de connaissance de l'Histoire et de sens des responsabilités chez nos élites, pour venir habiller les sommets de l'Etat ou de ce qu'il en reste. Et un peu plus d'altérité dans la vie de chacun.

Bon, les plus perspicaces d'entre vous auront reconnu mes vœux de l'année dernière... What else ?

En attendant, vive l'espoir qui fait vivre et Bonne Année à tous !