Dans la famille Klarsfeld, on connaissait Serge et Beate, les grands chasseurs de nazis. Et puis il y eut Arno, personnage un peu politique, beaucoup médiatique, dont les frasques mondaines et les provocations post-adolescentes ont entretenu un peu de notoriété. Mais la notoriété, on le sait, demande de nos jours un entretien permanent. Après des tentatives aussi poussives que régulières, notre conseiller d'Etat, à 60 ans, a jugé bon d'en remettre une grosse couche.
Voilà que l'autre soir, sur CNews (forcément ?) il a proposé de résoudre le problème des OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) en "organisant des sortes de grandes rafles, en essayant d'attraper le plus d'étrangers possibles, quitte à commettre quelques injustices". Le tout en se référant à la pensée trumpienne.
Dans l'art de la provocation, le mot rafle n'est pas utilisé par hasard : on sait qu'il fait référence aux rafles juives de nos années 40. Arno Klarsfeld a au fil du temps multiplié les provocations, successivement gauchistes, sarkosystes, netanyahesques et poutiniennes, mais "rafle" il fallait oser. Peu importe ici, à la limite, qu'il s'agisse de fascisme assumé, de besoin d'exister ou de tout autre névrose ; mais ce qui est excessif n'est pas toujours insignifiant, et en l'occurrence, quand on s'appelle Klarsfeld et qu'on tient ces propos, le cynisme le dispute à l'abjection et à l'ignominie.
Comment dit-on se déshonorer, au XXIème siècle ?
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