samedi 21 mars 2026

Sansal, mythes et trivialités

 J'évoquais dans mon billet précédent les enjeux du passage de Boualem Sansal de Gallimard au groupe Hachette, vers Grasset plus précisément. Et voilà que, jour après jour, on en apprend un peu plus sur les dessous de ce transfert : un million d'euros, et un à-valoir immédiat de 100 000 euros sur le prochain livre, qui traitera de l'année de détention en Algérie. Tout cela nous ramène à des considérations plus prosaïques. Aucune de ces informations n'a été démentie.

Tout cela s'inscrit dans des pratiques de plus en plus courantes, et ce n'est pas une première. Gallimard n'a, en outre, pas la réputation de signer des gros chèques à l'avance ; et Arnaud Lagardère serait intervenu personnellement pour signer Sansal. Bref, business is business. Il n'en demeure pas moins que l'histoire de Hachette (et peut-être de sa pérennité depuis 200 ans) a toujours été fondée sur la frontière entre la Direction et l'édition, l'une gérant et l'autre éditant... jusqu'à l'arrivée de Bolloré.

On ne fera pas de moralisme facile sur les éventuelles motivations financières du premier concerné, qui en a bien le droit ; et les affaires sont les affaires. Mais, nonobstant les enjeux liés à la récupération politique de Sansal, qui restent entiers, on est passé en quelques jours d'un storytelling d'hymne à la liberté pour un écrivain emprisonné à un bruit de tiroir caisse. Sans être sordide, l'histoire n'en est pas moins décevante.

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