L'Université de Rouen fête cette année ses 60 ans. Et à Mont Saint-Aignan, la célébration de la Saint-Jean donnait une occasion de commémorer la chose. Il se trouve que, à ces fins ou non, l'Université avait fait fabriquer par les Compagnons du Devoir un livre en bois. Que croyez-vous que l'on fît, en cette nuit de Saint-Jean ? On brûla le livre.
C'est tardivement que l'on comprit, semble t-il, que brûler un livre pour célébrer un outil de transmission du savoir avait quelque chose d'incongru. Pour le moins. Il est des symboles douloureux, et depuis des siècles brûler des livres en est un. J'avais jadis évoqué sur ce blog ces enseignants qui lors d'une manifestation corporatiste avaient juger bon de faire un autodafé avec le livre écrit par leur ministre, voilà une vingtaine d'années, sans apparemment comprendre l'abjection de leur geste.
Cette inculture est de plus en plus crasse, pour ne pas dire criminelle. Pour en revenir à Mont Saint-Aignan ce n'est pas les élus que j'incriminerai, car en général ils ne s'occupent pas directement des animations mais les délèguent à ces sous-fifres de collectivités locales qui font la politique culturelle de celles-ci... avec la subtilité que l'on constate.
Aujourd'hui, la mairie est gênée, et d'autres dédramatisent. D'accord. Mais comment en arrive t-on là ?
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