Un début de frémissement de polémique politique sur fond de littérature, en 2026 ? Oui, vous avez bien lu... Qui l'eut cru ?
Tout d'abord, à l'origine, un "éloge" littéraire de Paul Morand sur le compte X de Benjamin Haddad, notre ministre de l'Europe. Haddad est sans concession vis-à-vis de l'homme Morand mais célèbre son talent littéraire. Bien sûr, dans le camp d'en face, les insoumis Mathilde Panot et Manuel Bompard lui sont tombés dessus comme la vérole sur le bas-clergé, en dénonçant cet "éloge" (le terme est d'eux) d'un "auteur antisémite, traitre à sa patrie, partisan de Pétain et Laval"...
Que LFI s'en prenne à Morand au nom de l'antisémitisme et la Patrie ne manque pas de sel, mais on aurait aimé un poil de référence littéraire qui aurait donné un peu de hauteur au propos, à défaut d'argument nouveau. Mais on peut douter de la culture littéraire de nos deux insoumis, quand Haddad annonce lire Flaubert, Balzac, Vargas Llosa, Le Carré ou Houellebecq. Haddad qui vomit le diplomate Morand mais encense le chroniqueur des années folles qu'il fut. "On peut aimer Ernaux et les Hussards", conclut-il.
Cette "polémique", aussitôt allumée aussitôt enterrée, n'ajoutera rien au vieux débat sur la séparation de l'homme et de l'œuvre. Elle interpellera juste sur l'utilisation de son compte X ministériel par Haddad, dont on se demandera longtemps s'il s'agissait du goût littéraire de l'individu ou d'une opération politique de com de la part du ministre. Quoi qu'il en soit, on ne croyait plus possible que la littérature puisse être un enjeu...
On l'aura compris, cette tempête dans un verre d'eau risque de s'avérer finalement assez dérisoire. Mais ça nous aura amusé le temps d'une rentrée.
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