L'édition 2014 de l'exposition multiculturelle "Monteils, un autre regard" se tient à Monteils (Tarn-et-Garonne) du 18 au 25 Juillet. Une bonne affluence assistait au vernissage du vendredi soir. L'invité d'honneur en est le graffeur Julien Avignon. Les autres participants : - Didier Binoist, ferronnier d'art - Monique Ghiretti, plasticienne - Anne-Marie Rantet Poux, photographe - Josiane Dubor, aquarelliste - Camille Marceau, plasticienne (et les enfants de l'école) et bien sûr votre serviteur : Michel Poux, écrivain !
Ma langueur sur ce blog et ma faible productivité tiennent davantage à ma santé qu'à une torpeur estivale pas encore de mise ; j'ai toutefois capté une dépêche AFP sobrement intitulée "Une rentrée littéraire 5 étoiles". Même si je ne nourris guère d'illusion sur la grandeur littéraire des rentrées, je me suis pris à espérer.
Quelque lignes plus loin l'enthousiasme se tempère. Je suis très conscient que la littérature grand public a ses impératifs de marketing, qu'elle concourt à la production d'ouvrages de qualité supérieure mais plus difficiles à vendre, que le livre ne se corrompt pas dans le loisir, qu'il en faut pour tous les goûts, que...
Pourtant la récolte s'annonce maigre. Laissons de côté Nothom et Beigbeder, traditionnellement évitables, mais on n'échappe pas à Olivier Adam, David Foenkinos, Emmanuel Carrère, Alice Ferney, Laurent Mauvignier... Certes, certains de ces auteurs ne sont pas sans intérêt (Mauvignier, Ferney), et Carrère vaut mieux que certains exercices d'autofiction qu'il nous a infligé. Mais on patauge encore et toujours dans l'éternel politiquement correct de ce début de siècle, sur ces thèmes écolo-socio-dépressifs dont les recettes plaisent tant mais dont on du mal à imaginer ce qu'il en restera une fois la mode passée, c'est-à-dire très bientôt...
Après tout, certains sont devenus prix Nobel avec cela, alors...
L'édition 2014 de l'exposition multiculturelle "Monteils, un autre regard" se tiendra à Monteils (Tarn-et-Garonne) du 18 au 25 Juillet. L'invité d'honneur sera le graffeur Julien Avignon.
Les autres participants :
- Didier Binoist, ferronnier d'art
- Monique Ghiretti, plasticienne
- Anne-Marie Rantet Poux, photographe
- Josiane Dubor, aquarelliste
- Camille Marceau, plasticienne (et les enfants de l'école)
- Michel Poux, écrivain.
Vous voilà donc informés! Mais j'aurai l'occasion d'y revenir...
Article La Dépêche du Midi (André Ramonéda) :
Un grand éventail culturel à découvrir en juillet
Du 18/07/2014 au 27/07/2014
Devant l'espace Bon-Temps, artistes et élus
visiblement satisfaits par l'avancée des préparatifs de l'exposition
«Monteils, un autre regard».
Dans le cadre de l'exposition
estivale «Monteils, un autre regard», une réunion préparatoire vient de
se tenir à l'espace Bon-Temps, avec l'ensemble des acteurs de la
manifestation multiculturelle, en présence de Jacques Soulié, nouveau
maire de la commune. L'objectif de cette troisième édition repose à
l'identique sur le concept premier décliné lors des animations
précédentes, qui est d'exposer le talent artistique de villageois dans
une grande diversité culturelle déployée, entre autres, par une artiste
plasticienne, une céramiste, un peintre, un écrivain ou encore une
chorégraphe. Le succès a été au rendez-vous pour chacune des expositions
passées, avec près de 500 visiteurs autour d'une centaine d'œuvres
présentées.
Exposition du 18 au 27 juillet.
Cette année, Alexandra Valès, adjoint, nouvellement élue à la
présidence de la commission culturelle, a été chargée de coordonner la
manifestation. Après analyse des expériences vécues lors des expositions
précédentes, quelques ajustements nécessaires ont été à l'ordre du jour
de la réunion, parmi lesquels, le fléchage, la maquette, le nombre de
salles d'exposition, le vernissage.
La plaquette de présentation des artistes a été confiée à André
Ramoneda pour les textes et photos, la partie artistique de la brochure
revenant à Julien Avignon, graphiste, invité d'honneur de la
manifestation. Pour cette édition, les enfants de l'école communale
participent à l'événement, grâce à leur projet pédagogique «Sculpture»,
initié par Camille Marceau, professeur d'arts plastiques. Aussi, une
cinquantaine de leurs œuvres sera exposée en grande partie dans la salle
de classe jouxtant l'espace Bon-Temps. En raison de la créativité des
écoliers, plus de 150 œuvres devraient être réunies pour cette édition.
Les artistes.
Julien Avignon, graphiste; Didier Binoist, ferronnier d'art; Camille
Marceau, artiste plasticienne, et les enfants de l'école communale;
Josiane Dubor, aquarelliste; Anne-Marie Rantet-Poux, photographe de la
nature; Monique Ghiretti, artiste plasticienne; Michel Poux, écrivain.
Le vernissage est prévu le 18 juillet à 18 h 30, sur l'esplanade de la
place du Pigeonnier, avec, en ouverture, la lecture de poèmes.
Bleu, blanc et rouge aux Invalides, le drapeau couvrant le cercueil de Dominique Baudis s'était, pour les cérémonies de Toulouse, orné d'une croix du Languedoc, la croix occitane. Plus qu'un clin d'oeil à la ville ou à la région, j'y vois une filiation à cet emblème que les comtes Raimond déployèrent de Toulouse à Tripoli, du Languedoc jusqu'au Liban.
On a tout dit sur D. Baudis : modéré, démocrate, humaniste, etc... Il fut sans doute le premier homme politique à maitriser aussi bien sa com', et tous ceux qui l'ont pratiqué savent bien qu'il était tout sauf tendre. Mais nul ne peut mettre en doute son opposition aux extrêmes, ni sa sincérité pour la ville et la région.
Mais il était aussi un des derniers hommes de culture au sein du microcosme. Non seulement par sa connaissance de l'histoire de la cité "mondine", sur laquelle il écrira (Raimond le cathare, La conjuration...) et qui fait de lui le dernier comte mondin, mais également par le regard qu'il portait sur le monde et l'Orient en particulier. Peut-être l'affaire Allègre lui fit-elle regretter d'avoir écrit certaines pages, mais la plume était authentiquement littéraire.
Certes, aux obsèques de célébrités, on pleure avant tout sur soi et le passé enfui. Mais en l'occurence c'est aussi un des derniers hommes politiques cultivés qui s'en est allé...
Les remaniements passent, parfois les ministres, les ministères restent. Ainsi celui de la culture, trop auréolé dans ce pays pour souffrir du retour du réel.
Désireux de tailler un monument à la gloire de Malraux, de Gaulle agglomérat dans un grand "Ministère des Affaires culturelles" les attributions jusque là regroupées au sein du ministère de l'Instruction publique. Peut-être la place qu'avait encore à l'époque la France dans le monde justifiait-elle cette ambition. Puis vint 1981, et qui on sait, et avec lui la version contemporaine et élargie du Ministère de la Culture.
Aujourd'hui, Aurélie Filipetti vient d'être reconduite, malgré un parcours des plus ternes. Mais peu importe qui est l'heureux locataire de la rue de Valois. Il y a désormais des lustres que la place de la France s'est faite plus modeste, que les rapports entre culture et nouvelles générations sont devenues improbables, que les institutions et administrations de ladite culture sont devenues grotesques, de directions en délégations, entre nombrilisme et auto-proclamations. L'Etat ventripotent s'est grimé en vieux beau, dont le pouvoir ne tient plus qu'aux subsides qu'il attribue
A l'heure où les restrictions budgétaires s'annoncent incontournables, on peut craindre que les budgets restants ne servent qu'à nourrir les structures, limitant d'autant les budgets d'investissement et d'actions... Mais comment font donc les autres pays au monde, qui n'ont pas de Ministère de la Culture ?!
Il ne vous a pas échappé que s'affrontaient récemment intermittents du spectacle et Medef, et qu'un accord a été signé il y a quelques jours entre certains syndicats et patronat.
Présenter cet affrontement comme un combat entre acteurs de la culture et patrons est d'ailleurs un raccourci facile, et surtout commode pour certains.
En préambule, je préciserai qu'il convient d'attendre avant de savoir si un accord social a été bon, et d'autre part je n'ignore rien de la grande diversité des situations des acteurs concernés, et que très rares sont les "privilégiés".
Pourtant si l'on veut se pencher sérieusement sur ce problème de l'Unedic, il n'est pas interdit de le faire avec un peu de réalisme et de courage. On peut difficilement, dans la France de 2014, considérer comme normal que 5% des allocataires perçoivent 25% des indemnités, et qu'il ne s'agit là que d'un effet de la nécessaire solidarité professionnelle au sein du régime général. Et on n'admettra que difficilement que l'accord plafonnant à 5475 euros le cumul salaire-allocations soit un égorgement du prolétariat.
Enfin, et surtout, il me parait contradictoire de dénoncer d'une part, et avec raison, que le statut soit utilisé avantageusement par de grandes sociétés commerciales (TV, radios,...) et d'autre part de vouloir incarner la "culture", qui mourrait si on ne répondait pas aux souhaits de ses acteurs. Soyons clairs : ou bien de nombreux bénéficiaires occupent des rôles commerciaux ou techniques, et on s'éloigne de la culture, ou bien ce n'est pas le cas et alors on relativisera l'argument.
Mais en tout état de cause, que l'on cesse de vouloir incarner la culture. Je veux bien admettre une certaine immaturité, voire ce qu'il faut d'outrecuidance, mais pas l'arrogance des enfants gâtés, au talent variable et aux horizons nombrilistes : je les aime suffisamment pour ne pas leur masquer le réel. Sans doute l'idée de culture mérite-t-elle un traitement autre que comptable, mais attention aux effets pervers d'un narcissisme opportuniste...
Avant d'aller plus loin sur mes parutions à venir, un rappel des ouvrages déjà parus :
. Chez l'Harmattan en 2011 : Aveyron Croatie, la nuit, 192 p. 18 euros
. Chez Elytis de 2002 à 2012 :
2012 : Passeport pour le Pays de Cocagne (photos de AM Rantet-Poux), 96 p, 9 euros
2007 : Histoires peu ordinaires à Toulouse, 124 p. 13.50 euros
2006 : Histoires peu ordinaires au Cap-Ferret, 124 p. 13.50 euros
2005 : Week-end à Schizoland, 156 p. 16 euros
2002 : La branloire pérenne, 224 p. 16.80 euros.
Disponible dans toutes les librairies, chez les éditeurs
(elytis-edition.com et editions-harmattan.fr) ou chez l'auteur
(pouxmichel@neuf.fr).
Jusques ici, pour autant que je sache, l'écriture semblait avoir échappé aux appétits de la téléréalité, et je n'imaginais même pas comment elle aurait pu être menacée. Or désormais j'entends évoquer une certaine Académie Balzac qui bientôt enfermera des auteurs dans un château sous l'oeil des caméras, jusqu'à ce que chef d'oeuvre s'en suive...
Le concept ne mérite pas qu'on s'y attarde davantage ; sachons que n'importe qui peut candidater, à la seule réserve d'avoir été publié, de façon traditionnelle... ou sur le Net. Normal, c'est un éditeur numérique qui organise la chose. Et qui au passage, pour attester de sa crédibilité, nous donne quelques chiffres : chacune de ses parutions se vend en moyenne à 50 exemplaires, 20 achetés par l'auteur, 20 par les amis de celui-ci, et 10 par des lecteurs inconnus. Espérons pour l'auteur qu'il n'est pas le lecteur inconnu.
Misère de la littérature, littérature de la misère. Cela suffit peut-être à satisfaire notre Narcisse, auteur numérique ; mais alors que l'édition traditionnelle arrive enfin à limiter l'inflation des parutions, cet afflux de bouillie narcissique ne contribuera guère à identifier les écrits dignes d'intérêt.
Cela fait bien longtemps qu'il convient de distinguer livre et littérature, on le sait ; on me dit que le monde devenant ce qu'il est, il n'y a pas grand-chose à faire, et au nom de quoi d'ailleurs ?
Certes, mais il est bon que les impétrants sachent la réalité de ce qu'on leur vend...
Délation n'est pas qu'un terme apprécié des amateurs de contrepèterie. Il éclaire aussi une humeur du temps, et la chronique de Delfeil de Ton dans le dernier Nouvel Obs la met en valeur fort à propos.
Parmi les bienfaits d'Internet, la possibilité de dénoncer n'est pas le moindre. Désormais on institutionnalise la chose, avec des plate-forme officielles conçues pour dénoncer des policiers ou des gendarmes, ou à défaut le comportement douteux d'un quidam, ou bien son voisin, sa famille, etc... Bref les occasions ne manquent pas, ni les sujets de dénonciation.
J'ai eu souvent l'occasion d'écrire ici et ailleurs que la société totalitaire qui vient n'aurait pas les couleurs du fascisme brun tel que notre jeunesse le craignait. J'aimerais simplement être sûr que ceux qui revendiquent transparence et morale, comme archétypes de la démocratie nouvelle, savent ce qu'ils font...
Fort heureusement, quelques pages plus loin dans le même NO, il est un autre débat,qui affole parait-il nos amazones trentenaires : épilation ou buisson ardent ?
Sic transit gloria mundi.
Je viens de découvrir un auteur dont j'ignorais jusqu'à présent l'existence et a fortiori l'oeuvre. Mireille Havet (1898-1932) était une jeune écrivaine brillante, dont l'oeuvre, hormis quelques poèmes, se résume à un roman, "Carnaval", paru en 1923, que j'ai découvert dans la réédition de Claire Paulhan (2005).
Plus ou moins amie avec Colette, Paul Fort, Apollinaire, et surtout Jean Cocteau, M. H. offre très tôt une belle virtuosité littéraire. Malheureusement, là où son homosexualité aurait du servir l'oeuvre, elle la parasite. Le roman Carnaval conte les amours tumultueuses de Germaine et de Daniel ; ce roman à clé était en fait très transparent, et l'histoire vécue : d'ailleurs, dans la lettre de Daniel qui conclut le roman, celui-ci signe : Mireille Havet. Pour ceux qui n'auraient pas compris (ils étaient rares) que Daniel était M. H., que Germaine était Madeleine de Limur et leurs amours saphiques...
Mireille Havet n'a pas inventé l'autofiction, mais c'est bien cela qui donne au livre cet aspect contemporain ; il pourrait être à la mode, et avec lui le trash et la férocité des amours homosexuelles. De sorte que la qualité littéraire -authentique- de l'écriture s'englue dans une problématique névrotique qui écarte de la littérature...
On referme le livre avec le sentiment d'une oeuvre et d'une vie vouées à l'échec. Mireille Havet, minée précocément par l'éther, la cocaïne et l'héroïne, puis la tuberculose, finira seule et en épave à 33 ans... Sans doute un beau gâchis.
En 2008, certains groupes obtiendront que l'on donne son nom à une place de Paris(11ème). On ne sait s'il s'agit d'un hommage ou d'une double peine...