mardi 12 août 2014

Amazon, moeurs cavalières...

Vous n'ignorez rien de la féroce guerre de ce mois d'août, où s'affrontent de part et d'autre de l'Atlantique deux institutions financières sensées incarner une bonne part de ce que l'on appelle la culture... j'ai nommé Amazon et Hachette.
Je n'ai aucune incertitude sur l'issue du conflit, dès lors qu'il oppose un américain et un français... En attendant que soit trouvée une forme d'accord sur le prix du livre numérique (là est l'enjeu) les arguments volent. On pensera ce que l'on voudra de ce qu'un distributeur impose le prix du produit à celui qui le fabrique, mais c'est la loi dans n'importe quel hypermarché du coin. Q'un éditeur veuille préserver sa marge, le plus longtemps possible, n'est pas non plus sans logique. Quant aux supplétifs pétitionnaires qui volent au secours de la main qui les nourrit (du moins le croient-ils) on ne sort guère des habitudes...
Amazon qui ne gagne pas d'argent est un modèle économique fragile, ce qui ne l'empêchera pas d'exploser les modalités du marché ; exploser les ventes semble beaucoup plus aléatoire. Hachette s'adaptera. Les victimes collatérales sont déjà connues, quand les éditeurs amortiront sur ce qu'il reste de droits d'auteur les concessions faites à Amazon, qui risque de ne pas apporter grand chose. L'industrie musicale connait cette problématique depuis des années.
Le plus attristant tient dans ces commentaires-débats qui suivent chaque article consacré à l'affaire : ceux qui veulent faire moderne et vantent le côté pratique de l'e-book, ceux qui tiennent au livre papier mais critiquent son prix, etc... Mais tout le monde tombe d'accord pour tirer à boulets rouges sur les éditeurs qui s'engraissent ! Tout le monde n'a pas pour autant le talent épistolaire de Céline face à Denoël ou Gallimard...
On rappellera que pour le livre papier, quand les droits d'auteur tournent globalement entre 8 et 10%, la grasse marge de l'éditeur est de 12% ! Et que celle de la distribution, grossistes et libraires, ou bien celle d'Amazon qui fait les deux, dépasse 60%... 
J'admets sans difficulté que le livre soit un produit. Mais est-on bien sûr que l'on parle encore de culture ?


lundi 28 juillet 2014

Culs et chemises

Lectures estivales sous le sceau de la flemme : le Nouvel Obs du 24 Juillet. Egal à lui-même : intéressant, et les habituels clichés comme ligne éditoriale, avec les copinages comme supplétifs.
Page 66 : Dominique Fernandez, qui n'est pas sans talent ni finesse, évoque un "subversif Maupassant". Intéressant, si ce n'était pour conclure que Maupassant ne devait son talent et sa verve qu'à son homosexualité refoulée... Ben voyons. On a beau s'y attendre, ça assoit toujours.
Page suivante : un entrefilet sur le dernier roman de Bernard Thomasson, généralement connu pour ses prestations météorologiques, et ses "personnages attachants", à savoir un jeune black joggeur et une serveuse de Mac Do... et "une petite dose de bons sentiments ne fait pas de mal". On sent affleurer le génie. Rappellera-t-on qu'on n'a jamais fait de bonne littérature avec de bons sentiments ?
Sur la même page, l'inénarrable Sophie Delassein critique (favorablement) un ouvrage consacré à son ami Renaud... Quelle surprise !
Page 72 : un article sur Larry Wachowski, dont la clé de l’œuvre cinématographique tiendrait à son changement de sexe.
Un peu plus loin : 4 pages sur Yves Saint-Laurent. Classique.
A noter que l'article de fond (?) est consacré à l'auteur de "Game of Thrones".
La flemme est un fléau largement partagé.

samedi 19 juillet 2014

Monteils un autre regard, c'est 2014

L'édition 2014 de l'exposition multiculturelle "Monteils, un autre regard"  se tient à Monteils (Tarn-et-Garonne) du 18 au 25 Juillet. Une bonne affluence assistait au vernissage du vendredi soir.
L'invité d'honneur en est le graffeur Julien Avignon.
Les autres participants :
          - Didier Binoist, ferronnier d'art
          - Monique Ghiretti, plasticienne
          - Anne-Marie Rantet Poux, photographe
          - Josiane Dubor, aquarelliste
          - Camille Marceau, plasticienne (et les enfants de l'école)
et bien sûr votre serviteur : Michel Poux, écrivain !

mercredi 2 juillet 2014

Rentrée, le retour

Ma langueur sur ce blog et ma faible productivité tiennent davantage à ma santé qu'à une torpeur estivale pas encore de mise ; j'ai toutefois capté une dépêche AFP sobrement intitulée "Une rentrée littéraire 5 étoiles". Même si je ne nourris guère d'illusion sur la grandeur littéraire des rentrées, je me suis pris à espérer.
Quelque lignes plus loin l'enthousiasme se tempère. Je suis très conscient que la littérature grand public a ses impératifs de marketing, qu'elle concourt à la production d'ouvrages de qualité supérieure mais plus difficiles à vendre, que le livre ne se corrompt pas dans le loisir, qu'il en faut pour tous les goûts, que...
Pourtant la récolte s'annonce maigre. Laissons de côté Nothom et Beigbeder, traditionnellement évitables, mais on n'échappe pas à Olivier Adam, David Foenkinos, Emmanuel Carrère, Alice Ferney, Laurent Mauvignier... Certes, certains de ces auteurs ne sont pas sans intérêt (Mauvignier, Ferney), et Carrère vaut mieux que certains exercices d'autofiction qu'il nous a infligé. Mais on patauge encore et toujours dans l'éternel politiquement correct de ce début de siècle, sur ces thèmes écolo-socio-dépressifs dont les recettes plaisent tant mais dont on du mal à imaginer ce qu'il en restera une fois la mode passée, c'est-à-dire très bientôt...
Après tout, certains sont devenus prix Nobel avec cela, alors...

jeudi 5 juin 2014

Monteils un autre regard, 2014

L'édition 2014 de l'exposition multiculturelle "Monteils, un autre regard"  se tiendra à Monteils (Tarn-et-Garonne) du 18 au 25 Juillet. L'invité d'honneur sera le graffeur Julien Avignon.
Les autres participants :
          - Didier Binoist, ferronnier d'art
          - Monique Ghiretti, plasticienne
          - Anne-Marie Rantet Poux, photographe
          - Josiane Dubor, aquarelliste
          - Camille Marceau, plasticienne (et les enfants de l'école)
          - Michel Poux, écrivain.
Vous voilà donc informés! Mais j'aurai l'occasion d'y revenir...

Article La Dépêche du Midi (André Ramonéda) :

Un grand éventail culturel à découvrir en juillet

Du 18/07/2014 au 27/07/2014

Devant l'espace Bon-Temps, artistes et élus visiblement satisfaits par l'avancée des préparatifs de l'exposition «Monteils, un autre regard».
Devant l'espace Bon-Temps, artistes et élus visiblement satisfaits par l'avancée des préparatifs de l'exposition «Monteils, un autre regard».

Dans le cadre de l'exposition estivale «Monteils, un autre regard», une réunion préparatoire vient de se tenir à l'espace Bon-Temps, avec l'ensemble des acteurs de la manifestation multiculturelle, en présence de Jacques Soulié, nouveau maire de la commune. L'objectif de cette troisième édition repose à l'identique sur le concept premier décliné lors des animations précédentes, qui est d'exposer le talent artistique de villageois dans une grande diversité culturelle déployée, entre autres, par une artiste plasticienne, une céramiste, un peintre, un écrivain ou encore une chorégraphe. Le succès a été au rendez-vous pour chacune des expositions passées, avec près de 500 visiteurs autour d'une centaine d'œuvres présentées.

Exposition du 18 au 27 juillet.

Cette année, Alexandra Valès, adjoint, nouvellement élue à la présidence de la commission culturelle, a été chargée de coordonner la manifestation. Après analyse des expériences vécues lors des expositions précédentes, quelques ajustements nécessaires ont été à l'ordre du jour de la réunion, parmi lesquels, le fléchage, la maquette, le nombre de salles d'exposition, le vernissage.
La plaquette de présentation des artistes a été confiée à André Ramoneda pour les textes et photos, la partie artistique de la brochure revenant à Julien Avignon, graphiste, invité d'honneur de la manifestation. Pour cette édition, les enfants de l'école communale participent à l'événement, grâce à leur projet pédagogique «Sculpture», initié par Camille Marceau, professeur d'arts plastiques. Aussi, une cinquantaine de leurs œuvres sera exposée en grande partie dans la salle de classe jouxtant l'espace Bon-Temps. En raison de la créativité des écoliers, plus de 150 œuvres devraient être réunies pour cette édition.

Les artistes.

Julien Avignon, graphiste; Didier Binoist, ferronnier d'art; Camille Marceau, artiste plasticienne, et les enfants de l'école communale; Josiane Dubor, aquarelliste; Anne-Marie Rantet-Poux, photographe de la nature; Monique Ghiretti, artiste plasticienne; Michel Poux, écrivain. Le vernissage est prévu le 18 juillet à 18 h 30, sur l'esplanade de la place du Pigeonnier, avec, en ouverture, la lecture de poèmes.

mardi 22 avril 2014

Baudis le dernier Comte

Bleu, blanc et rouge aux Invalides, le drapeau couvrant le cercueil de Dominique Baudis s'était, pour les cérémonies de Toulouse, orné d'une croix du Languedoc, la croix occitane. Plus qu'un clin d'oeil à la ville ou à la région, j'y vois une filiation à cet emblème que les comtes Raimond déployèrent de Toulouse à Tripoli, du Languedoc jusqu'au Liban.
On a tout dit sur D. Baudis : modéré, démocrate, humaniste, etc... Il fut sans doute le premier homme politique à maitriser aussi bien sa com', et tous ceux qui l'ont pratiqué savent bien qu'il était tout sauf tendre. Mais nul ne peut mettre en doute son opposition aux extrêmes, ni sa sincérité pour la ville et la région.
Mais il était aussi un des derniers hommes de culture au sein du microcosme. Non seulement par sa connaissance de l'histoire de la cité "mondine", sur laquelle il écrira (Raimond le cathare, La conjuration...) et qui fait de lui le dernier comte mondin, mais également par le regard qu'il portait sur le monde et l'Orient en particulier. Peut-être l'affaire Allègre lui fit-elle regretter d'avoir écrit certaines pages, mais la plume était authentiquement littéraire.
Certes, aux obsèques de célébrités, on pleure avant tout sur soi et le passé enfui. Mais en l'occurence c'est aussi un des derniers hommes politiques cultivés qui s'en est allé...

dimanche 6 avril 2014

Exception, institution, perversion

Les remaniements passent, parfois les ministres, les ministères restent. Ainsi celui de la culture, trop auréolé dans ce pays pour souffrir du retour du réel.
Désireux de tailler un monument à la gloire de Malraux, de Gaulle agglomérat dans un grand "Ministère des Affaires culturelles" les attributions jusque là regroupées au sein du ministère de l'Instruction publique. Peut-être la place qu'avait encore à l'époque la France dans le monde justifiait-elle cette ambition. Puis vint 1981, et qui on sait, et avec lui la version contemporaine et élargie du Ministère de la Culture.
Aujourd'hui, Aurélie Filipetti vient d'être reconduite, malgré un parcours des plus ternes. Mais peu importe qui est l'heureux locataire de la rue de Valois. Il y a désormais des lustres que la place de la France s'est faite plus modeste, que les rapports entre culture et nouvelles générations sont devenues improbables, que les institutions et administrations de ladite culture sont devenues grotesques, de directions en délégations, entre nombrilisme et auto-proclamations. L'Etat ventripotent s'est grimé en vieux beau, dont le pouvoir ne tient plus qu'aux subsides qu'il attribue
A l'heure où les restrictions budgétaires s'annoncent incontournables, on peut craindre que les budgets restants ne servent qu'à nourrir les structures, limitant d'autant les budgets d'investissement et d'actions... Mais comment font donc les autres pays au monde, qui n'ont pas de Ministère de la Culture ?!

lundi 24 mars 2014

Le denier du cultureux

Il ne vous a pas échappé que s'affrontaient récemment intermittents du spectacle et Medef, et qu'un accord a été signé il y a quelques jours entre certains syndicats et patronat.
Présenter cet affrontement comme un combat entre acteurs de la culture et patrons est d'ailleurs un raccourci facile, et surtout commode pour certains.
En préambule, je préciserai qu'il convient d'attendre avant de savoir si un accord social a été bon, et d'autre part je n'ignore rien de la grande diversité des situations des acteurs concernés, et que très rares sont les "privilégiés".
Pourtant si l'on veut se pencher sérieusement sur ce problème de l'Unedic, il n'est pas interdit de le faire avec un peu de réalisme et de courage. On peut difficilement, dans la France de 2014, considérer comme normal que 5% des allocataires perçoivent 25% des indemnités, et qu'il ne s'agit là que d'un effet de la nécessaire solidarité professionnelle au sein du régime général. Et on n'admettra que difficilement que l'accord plafonnant à 5475 euros le cumul salaire-allocations soit un égorgement du prolétariat.
Enfin, et surtout, il me parait contradictoire de dénoncer d'une part, et avec raison, que le statut soit utilisé avantageusement par de grandes sociétés commerciales (TV, radios,...) et d'autre part de vouloir incarner la "culture", qui mourrait si on ne répondait pas aux souhaits de ses acteurs. Soyons clairs : ou bien de nombreux bénéficiaires occupent des rôles commerciaux ou techniques, et on s'éloigne de la culture, ou bien ce n'est pas le cas et alors on relativisera l'argument.
Mais en tout état de cause, que l'on cesse de vouloir incarner la culture. Je veux bien admettre une certaine immaturité, voire ce qu'il faut d'outrecuidance, mais pas l'arrogance des enfants gâtés, au talent variable et aux horizons nombrilistes : je les aime suffisamment pour ne pas leur masquer le réel. Sans doute l'idée de culture mérite-t-elle un traitement autre que comptable,  mais attention aux effets pervers d'un narcissisme opportuniste...

mardi 4 mars 2014

Déjà parus...

Avant d'aller plus loin sur mes parutions à venir, un rappel des ouvrages déjà parus :

. Chez l'Harmattan en 2011 :
                              Aveyron Croatie, la nuit, 192 p. 18 euros

. Chez Elytis de 2002 à 2012 :
                             2012 : Passeport pour le Pays de Cocagne (photos de AM Rantet-Poux), 96 p,  9       euros
                             2007 : Histoires peu ordinaires à Toulouse, 124 p. 13.50 euros
                             2006 : Histoires peu ordinaires au Cap-Ferret, 124 p. 13.50 euros
                             2005 : Week-end à Schizoland, 156 p. 16 euros
                             2002 : La branloire pérenne, 224 p. 16.80 euros.

Disponible dans toutes les librairies, chez les éditeurs (elytis-edition.com et editions-harmattan.fr) ou chez l'auteur (pouxmichel@neuf.fr).

dimanche 2 mars 2014

Trop pourri pour ne pas être au Net

Jusques ici, pour autant que je sache, l'écriture semblait avoir échappé aux appétits de la téléréalité, et je n'imaginais même pas comment elle aurait pu être menacée. Or désormais j'entends évoquer une certaine Académie Balzac qui bientôt enfermera des auteurs dans un château sous l'oeil des caméras, jusqu'à ce que chef d'oeuvre s'en suive...
Le concept ne mérite pas qu'on s'y attarde davantage ; sachons que n'importe qui peut candidater, à la seule  réserve d'avoir été publié, de façon traditionnelle... ou sur le Net. Normal, c'est un éditeur numérique qui organise la chose. Et qui au passage, pour attester de sa crédibilité, nous donne quelques chiffres : chacune de ses parutions se vend en moyenne à 50 exemplaires, 20 achetés par l'auteur, 20 par les amis de celui-ci, et 10 par des lecteurs inconnus. Espérons pour l'auteur qu'il n'est pas le lecteur inconnu.
Misère de la littérature, littérature de la misère. Cela suffit peut-être à satisfaire notre Narcisse, auteur numérique ; mais alors que l'édition traditionnelle arrive enfin à limiter l'inflation des parutions, cet afflux de bouillie narcissique ne contribuera guère à identifier les écrits dignes d'intérêt.
Cela fait bien longtemps qu'il convient de distinguer livre et littérature, on le sait ; on me dit que le monde devenant ce qu'il est, il n'y a pas grand-chose à faire, et au nom de quoi d'ailleurs ?
Certes, mais il est bon que les impétrants sachent la réalité de ce qu'on leur vend...