Un petit rappel de mes ouvrages déjà parus...
. Mona Lisa ou la clé des champs -L'Harmattan 2014
. Passeport pour le Pays de Cocagne - Elytis 2012
. Aveyron Croatie, la nuit - L'Harmattan 2011
. Histoires peu ordinaires à Toulouse - Elytis 2007
. Histoires peu ordinaires au Cap-Ferret - Elytis 2006
. Week-end à Schizoland - Elytis 2005
. La branloire pérenne - Elytis 2002
En vente dans toutes les librairies, chez l'auteur (laissez un commentaire) ou l'éditeur.
Pour les ouvrages publiés chez l'Harmattan, disponible aussi en version numérique (www.harmattan.fr).
mercredi 16 mars 2016
jeudi 3 mars 2016
Le Goff : malaise dans la démocratie... et dans sa critique
Jean-Pierre Le Goff n'a pas un parcours bien original : activiste en 68, puis maoïste investi, il se retrouve aujourd'hui classé parmi ces intellectuels "néo-réacs" à la mode. Faut-il conclure à une simple évolution dans l'air du temps, selon une expression qu'il utilise souvent ? Pas seulement.
D'abord sa critique de l'extrême-gauche soixante-huitarde et de son aveuglement a été pertinente, distinguant notamment les subjectivités des individus (leurs névroses) et leurs idées supposées cartésiennes, schize expliquant souvent cette certitude d'être dans le bon camp, voire de l'incarner (on n'est pas loin de la perversion narcissique...).
Ensuite parce que son évolution a été courageuse, depuis cette critique du gauchisme jusqu'à celle de l'idéologie managériale, qui me l'avait fait découvrir en 1992. En ouvrant son analyse de sociologue à la philosophie et à l'anthropologie, il a dépassé les réflexes marxisants qui ont englué bien des sociologues. Il a stigmatisé les idéologies, les communautarismes et l'inculture des élites avec une belle acuité. Le voilà à présent taxé de néo-réac et d'anti-moderne pour avoir affirmé que le moderne n'était pas automatiquement synonyme de progrès, et que son diktat pouvait aussi ouvrir la voie d'un anti-humanisme sanglant.
Pour autant, faire de l'idéologie libérale-libertaire l'alpha et l'oméga de la déroute contemporaine me parait réducteur, voire simpliste, et suscite un malaise face à la posture ; l'homo soixantuitus a causé beaucoup de dégâts, mais pas uniquement, et certains de ses apports en matière de liberté ou de culture sont à mettre au crédit du bouc émissaire que l'on voudrait en faire...
Il n'empêche, le travail de Le Goff est précieux et salutaire. Il vient de publier Malaise dans la démocratie, chez Stock.
lundi 22 février 2016
A Umberto Eco
C'est assurément un peu d'érudition, de savoir, de culture, d'esprit critique ou d'humour qui s'est envolé avec Umberto Eco.
Etait-il sémiologue, comme il se présentait souvent, ou philosophe, ou linguiste, ou historien, ou romancier, ou...? Il fut tout cela, séparément ou en même temps. Aussi cultivé et sérieux que facétieux, cet homme élevé et façonné par les livres le leur avait bien rendu. Parfois dispersé, souvent narcissique, il n'en mélangeait que mieux les genres, entre l'érudition qui chez lui sanctifiait la chose écrite et l'humour de ceux qui sont assez brillants pour ne pas se prendre trop au sérieux.
Je l'avais découvert, comme beaucoup de gens, avec Le Nom de la Rose, ce roman de génie tellement différent de ce qu'exige le marché que Gallimard et le Seuil l'avaient refusé... Puis le Pendule de Foucault... J'avais écrit ici même, en Juin 2011, un article sur Le Cimetière de Prague, roman laborieux mais érudit et critique, comme d'habitude, qui connut les critiques des imbéciles accrochés au premier degré comme des moules au rocher, Osservatore romano en tête. L'histoire de la lune, du doigt et de la bêtise. Voilà comment un homme comme Eco se retrouva taxé de propager l'antisémitisme ! Avant de se résoudre à ré-écrire une version plus "populaire" du Nom de la Rose, c'est-à-dire sans citations latines... Triste modernité.
Je ne suis pas sûr qu'Umberto Eco regrette le monde qu'il quitte, lui qui pourtant aimait la vie, comme on dit. Mais cela ne me regarde pas. Alors nous relirons ses livres, et le saluerons d'ici avec un de ces vins rouges qu'il aimait tant.
lundi 15 février 2016
Culture : Mr Bricolage et Mme
"Monsieur Bricolage", titrait joliment le Parisien-Aujourd'hui au lendemain du remaniement ministériel. Tout a été dit sur l'aspect purement politicien de ce casting, n'y revenons pas. On notera simplement que le Ministère de l'administration de la culture s'est trouvé concerné ; ainsi, Fleur Pellerin s'en est allée comme elle était venue, par le fait du prince, laissant derrière elle autant de trace qu'une flatulence sur une toile cirée. Elle pourra lire, désormais.
Arrive donc, ex-nihilo, une dénommée Audrey Azoulay. On savait bien que ce n'était pas son œuvre culturelle qui la menait là. La dame est énarque (ça n'est pas rien), jolie (ça peut être utile), amie de Julie Gayet (ça peut servir), binationale (c'est tendance) et "connue pour son entregent" (quelle surprise). Elle a passé sept ans au CNC, avant d'entrer comme conseillère à l'Elysée, où elle aurait réussi à sortir le Président dans des lieux culturels (ça n'a pas du être facile), et où elle s'occupait des "projections privées". Il faut donc payer un énarque pour cela ?
Il lui reste maintenant, pour transcender cette "fulgurante ascension", à faire fonctionner son ministère de fonctionnaires, rarement modestes.
Enfin, pour ce qui est de la Culture selon l'idée que je m'en fais, je crois qu'on attendra...
mardi 9 février 2016
Les livres de Mitterrand
L'Histoire est vacharde, qui vous expose aux commémorations : c'est ce qui arrive à François Mitterrand pour les 20 ans de sa mort.
D'un côté les thuriféraires, qui par admiration ou intérêt bien compris en rajoutent dans l'hagiographie. Tour à tour homme d’état, génie de la littérature ou prophète du socialisme, on n'oublie de lui que sa capacité à guérir les écrouelles.
De l'autre, les anti, pour qui l'adversaire de de Gaulle ne saurait être que vichyste, mauvais français, intello et cynique. Et si la France décline depuis un demi siècle, la faute ne peut en incomber qu'à lui.
La dimension littéraire du personnage est ainsi ardemment débattue. Fût-il le grand écrivain qu'il aurait voulu être ? On ne le jurerait pas. Fût-il le simple rédacteur d'une œuvre opportuniste, du Coup d'état permanent jusqu'à l'Abeille et l'architecte, le reste n'étant que justification de son action d'état ? C'est un peu réducteur, d'autant qu'on aimerait retrouver le même niveau dans les livres de nos politiques actuels...
Vouloir trancher dans ce débat offre-t-il un réel intérêt ? Peut-être s'en tiendra-t-on à rappeler que Mitterrand savait lire, quand l'Elysée n'a pas vu de lecteur depuis plus de 20 ans. Il savait lire, comprendre et se servir de ses lectures. Sans doute est-ce pour cela qu'il croyait aux forces de l'Esprit.
On cherche désormais vainement, et les forces et l'esprit...
D'un côté les thuriféraires, qui par admiration ou intérêt bien compris en rajoutent dans l'hagiographie. Tour à tour homme d’état, génie de la littérature ou prophète du socialisme, on n'oublie de lui que sa capacité à guérir les écrouelles.
De l'autre, les anti, pour qui l'adversaire de de Gaulle ne saurait être que vichyste, mauvais français, intello et cynique. Et si la France décline depuis un demi siècle, la faute ne peut en incomber qu'à lui.
La dimension littéraire du personnage est ainsi ardemment débattue. Fût-il le grand écrivain qu'il aurait voulu être ? On ne le jurerait pas. Fût-il le simple rédacteur d'une œuvre opportuniste, du Coup d'état permanent jusqu'à l'Abeille et l'architecte, le reste n'étant que justification de son action d'état ? C'est un peu réducteur, d'autant qu'on aimerait retrouver le même niveau dans les livres de nos politiques actuels...
Vouloir trancher dans ce débat offre-t-il un réel intérêt ? Peut-être s'en tiendra-t-on à rappeler que Mitterrand savait lire, quand l'Elysée n'a pas vu de lecteur depuis plus de 20 ans. Il savait lire, comprendre et se servir de ses lectures. Sans doute est-ce pour cela qu'il croyait aux forces de l'Esprit.
On cherche désormais vainement, et les forces et l'esprit...
mardi 19 janvier 2016
En finir avec Eddy Bellechose
Frédéric Beigbeder a peut-être le défaut de se prendre parfois pour son personnage, mais il sait aussi montrer un bel humour vachard. Voir dans le Figaro Magazine de cette semaine son billet sur Edouard Louis ("Le chti chose") où il évoque "le Calimero du Nord", ses névroses, son racket affectif et son exhibitionnisme marketé. Publicité inutile sans doute, mais critique opportune.
Il y avait eu "Pour en finir avec Eddy Bellegueule", il y a à présent "Histoire de la violence" (Le Seuil). Livres mal écrits au dire de ceux qui les ont lu, mais "acte politique autant que littéraire" : ça donne envie... surtout sous la plume d'un bourdieusien convaincu et intransigeant. Entre le pathos homosexuel, la tentation de l'autofiction, l'analyse politique comme masque sur un Oedipe mal résolu et un sectarisme hallucinant, on ne sait trop s'il convient d'en rire ou d'en pleurer. "Sa famille est facho, son village natal est miséreux, sa soeur est analphabète, ses camarades d'école le tabassent et, quand il ramène un Arabe chez lui, celui-ci le vole, le viole et l'étrangle avec son écharpe.", résume Beigbeder.
On sait qu'il y a un marketing littéraire qui cible les libraires et les profs, deux professions déprimées qui se complaisent dans les récits larmoyants et qui sont prescriptrices. Édouard Louis n'est pas assez perfectionniste : son Arabe aurait du être un migrant, sans papier, atteint d'une tumeur et du Sida...
Tout cela s'appelle l'air du temps ; que le Figaro se paye régulièrement Louis, et pas que pour de bonnes raisons, ne surprendra personne. Notons toutefois qu'une bonne partie de la gauche, aussi, critique son côté khmer rose et ses clichés, son intellectualisme pédant et son narcissisme pré-pubère...
Alors que lui reste-t-il ? Le Monde, l'Obs, 28 minutes... Les journaux et les réseaux de Pierre Bergé, et Arte. Les médias du lobby gay et leur férocité, face auxquels celle du Figaro ressemble à une pâle imprécation de chaisière...
Depuis bien longtemps, on lance des chanteurs comme des savonnettes. Au tour des écrivains. Produits de l'éphémère et de l'insignifiance, instruments misérables qui croient brièvement à leur talent. On en finira bientôt avec Eddy Bellegueule.
mercredi 6 janvier 2016
Jury Goncourt : poisson de janvier
Notre époque si moderne abonde en faits divers ou en informations dont il est urgent de rire, plutôt que d'en pleurer. Ce qui en général survient quand même. Je n'ai nulle envie d'en faire ici une quelconque énumération, pourtant certains sont plus accablants que d'autres. Ainsi en 2015 Najat Vallaud Belkacem, ministre de l'Education nationale (on n'oserait guère dire aujourd'hui de l'Instruction publique), faisant l'éloge du slam et de Jamel Debbouze, pendant que Fleur Pellerin, ministre de l'administration de la Culture étalait sa culture littéraire...
Hier, sur le site du journal Libération, j'ai cru à un canular en découvrant les deux nouveaux membres du jury Goncourt, avant de devoir me rendre à l'évidence. J'ai beau ne me sentir que moyennement concerné par la vie de cette institution de fins gourmets, il faut lui reconnaitre une certaine importance dans le paysage littéraire français, avec les enjeux commerciaux qui vont avec. Ainsi donc les deux membres démissionnaires sont remplacés : Edmonde Charles-Roux laisse sa place à... Eric-Emmanuel Schmidt ! Ou bien la prolificité de guimauve vaut respectabilité, ou bien... ou bien rien. Quant au malheureux et brillantissime Régis Debray, il se trouve remplacé par... Virginie Despentes ! Misère de misère...
Je propose qu'on fasse du 1er avril un jour férié, tant il devient essentiel à nos pauvres vies : au moins ce jour-là a-t-on une chance que l'information soit un vrai canular.
lundi 4 janvier 2016
2016 : en joue, voeux !
On peut être très attaché à la laïcité et accepter l'idée que les vœux que l'on émet seront pieux. Aussi ceux que je vous adresserai pour 2016 seront-ils ceux d'un pessimiste, ce qui ne m'empêchera pas d'être volontaire et actif pour aller vers un monde meilleur...
Je vous souhaiterai donc, convenus mais sincères, tous mes vœux de bonheur, de santé, de réussite, toutes choses agréables et utiles. Je me permettrai aussi d'espérer un monde où la conscience individuelle reprendrait ses droits et ses devoirs, où la culture ne serait pas un pensum ou une administration, où les sans-grade ne seraient pas systématiquement considérés a priori comme des handicapés incapables de découvrir autre chose. Mais sans doute est-ce beaucoup demander à nos institutions.
Plutôt que d'évoquer l'année qui vient avec la prochaine réédition de Mein Kampf, désormais tombé dans le domaine public, je l'affronterai avec un souvenir de 2015, celui de Louis Barthas, tonnelier socialiste et occitan du Minervois, qui dans ses Carnets de guerre 1914-1918 (François Maspero) évoquait le souhait que soit élevé sur les lieux de la boucherie un Mémorial de la fraternisation. C'est désormais chose faite à Neuville Saint Vaast.
Comme quoi il est des vœux, même amers, qui se réalisent...
mardi 22 décembre 2015
Himmler, l'Islam et les SS
La période des fêtes devrait être celle des espoirs vers la paix entre les hommes et pour l'amour universel. Soit parce que les vœux pieux m'ennuient, soit parce que 2015 aura trop fait couler de sang dans l'hexagone, j'ai du mal à souscrire à cette ambiance obligatoire. Peut-être aussi parce que cette année 2015 ne peut être close ainsi...
Sans doute également parce que, de dédicace en dédicace, les rencontres avec les lecteurs me ramènent à coup sûr, par le biais d'Aveyron Croatie, la nuit (L'Harmattan 2011) à l'histoire de cette division SS musulmane Handschar, tristement célèbre à Villefranche de Rouergue et au cœur de mon ouvrage.
Créée parce que, selon Himmler, "l'Islam est la seule religion compatible avec la guerre", elle aura ensanglanté l'Europe en 1943 et 1944. Le tout avec la bénédiction d'Hadj Amin el Husseini, grand Mufti de Jérusalem qui dès 1933 applaudissait à l'arrivée d'Hitler au pouvoir et qui appuya de toute sa force et son charisme le projet de cette division SS ; son racisme et son antisémitisme qui le portaient vers le nazisme étaient très politiques. Ses imams se montrèrent à la hauteur de la tâche (voir la révolte de Villefranche).
En 2015, les Frères musulmans dont il était l'émanation font toujours parler d'eux. La colossale fortune du grand mufti, acquise par le biais des financements nazis et par la spoliation des juifs, continue de jouer un rôle politique important au Moyen-Orient. Rappeler les liens familiaux, intellectuels ou affectifs qui le lie avec de célèbres dirigeants actuels ou récemment disparus, palestiniens notamment, n'apporterait rien au propos.
C'est en fonction de ce moyen-orient qu'on fait le lien, commode et raccourci, entre islam et nazisme : l'antisémitisme (ou antisionisme, ou nationalisme) serait le ciment et le juif (l'israélien) l'ennemi commun. On objectera que le même constat vaut pour une certaine extrême-gauche. Alors que les idées d' El Husseini étaient "argumentées" et son engagement pro-nazi assumé en tant que tel.
C'est pour cela qu'il me parait important de se référer à l'histoire, bien au delà de la critique d'un romantisme de banlieue, pour rappeler ce qui fut des faits et non des procès d'intention.
Face aux meurtrissures d'aujourd'hui, on nous répète à l'envi que "l'islam ce n'est pas cela". C'est certes une évidence que l'immense majorité des musulmans aspirent, comme tous les hommes, à la paix et au respect entre les êtres. C'est une autre évidence que tout amalgame ne ferait que le jeu de Daesh en lui offrant un terreau ensemencé de frustration morbide. Mais il est sûr aussi que tous les spécialistes de l'islam soulignent la multiplicité des interprétations qui peuvent être faites du Coran. Ce qui me fait craindre que l'islam ne sera en fin de compte que ce qu'en feront les musulmans, ni appel au meurtre systématique ni philosophie angélique obligatoire...
A ce titre, et en attendant l'avenir, on se permettra juste de rappeler ce que fut l'Histoire.
mercredi 2 décembre 2015
Dédicace
J'ai le plaisir de vous informer que je dédicacerai mes ouvrages, et notamment le dernier paru "Mona Lisa ou la clé des champs" (L'Harmattan)
Samedi 12 Décembre
de 10 heures à 18 heures
CULTURA
Montauban (82)
Peut-être l'occasion de nous y retrouver ?
Samedi 12 Décembre
de 10 heures à 18 heures
CULTURA
Montauban (82)
Peut-être l'occasion de nous y retrouver ?
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