jeudi 28 juillet 2016

Festival de la Fouillade 2016 : des bulles qui montent...

La horde envahit la salle en courant : on se serait cru à l'inauguration des soldes dans un de ces grands magasins à la mode. Venus là, et de loin, chercher une dédicace de leur auteur de BD favori, ils étaient des dizaines à attendre l'ouverture des portes. Je ne suis pas un expert de la BD, mais il me semble que concernant la bande dessinée, ce festival a acquis une dimension désormais nationale...
Le sort de auteurs plus classiques a été inégal ; certains ont pâti de la prédominance de la BD, d'autres ont bien résisté, comme votre serviteur qui a battu ses records de vente, avec beaucoup d'échanges de qualité avec les visiteurs. Quoi qu'il en soit, ce festival demeure, année après année, une merveille d'accueil, d'affluence, d'ambiance et de complicité avec certains : retrouver tous les ans les Crozes, Béteille, Lombard... est un plaisir.
Nous en reparlerons donc en 2017...

vendredi 15 juillet 2016

Monteils un autre regard, 5ème

A partir du 23 juillet et jusqu'au 30 juillet, se déroulera à Monteils (82) la 5ème édition de Monteils un autre regard, exposition multiculturelle.
Autour de Bernard Perrone, peintre et aquarelliste, invité d'honneur, vous pourrez retrouver :
     Anne-Marie Rantet-Poux, photographe
     Tayeb Harkat, peintre
     Héloïse Quercy, peintre
     Yoann Nadalin, peintre
     Bernard Bordaries, chef-cuisinier
     Léa Nadalin, peintre
     Guy Portal, peintre
     Christiane Flaujac, peintre
     Michel Poux, écrivain
     Céline Wagner, bande dessinée
Vernissage le vendredi 22 juillet à 19 heures.

mercredi 6 juillet 2016

Plage de garde

L'été venant, il est l'heure d'encourager la littérature de plage. On sait que la période est celle des livres simples et distrayants qui, selon l'expression contemporaine, ne prennent pas la tête.
J'ai vu ces jours-ci un sujet télévisé qui applaudissait, sur je ne sais plus quelle plage du nord-ouest, à l'installation d'une sorte de cabane à livres, accompagnée du passage du camion d'une librairie itinérante. Fort bien, dirons-nous, d'autant qu'au gré des interviews on rencontre une lectrice ravie d'avoir déniché des Modiano et des Maupassant, tout n'est donc pas à désespérer. Mais la libraire explique qu'elle recommande des ouvrages simples, faciles à lire et à comprendre : heureusement qu'il y a des libraires pour cela, car les gens n'y penseraient pas tous seuls ! Et, dernière interview et dernière surprise, Madame Katerine Pancol elle-même ! Cette dernière est la preuve vivante qu'avec un K à Catherine et un nom de station service, plus quelques titres rigolos, on peut faire fortune avec le vide. Rien à redire, c'est dans l'air du temps. Mais quand la dame affirme que "lire Montherlant apprend à écrire", on se dit qu'il était temps qu'elle le découvre...
Tout cela n'est certes pas bien grave, et de livres populaires une œuvre peut découler, comme celle de Simenon. Simplement, si les vacances appellent la facilité, on aimerait savoir quand vient le temps des livres plus exigeants...

lundi 27 juin 2016

Le monde perdu des pamphlets

Le livre est grand (215x150), épais (360 p.) et touffu. Il est paru en 2015 aux CNRS Editions, il s'intitule "L'âge d'or du pamphlet" et est signé Cédric Passard. La seule chose qu'on puisse lui reprocher c'est d'avoir 30% de volume en trop, tant il donne parfois l'impression d'un Mémoire de sociologie pour écoles de journalisme, où l'étudiant tire à la ligne.
Cela dit, il est remarquable d'enseignements. On y retrouve l'histoire du Pamphlet, en sa période de gloire, c'est-à-dire en gros la deuxième partie du XIXème siècle, en ces temps bénis où Rochefort, Drumont, Bloy, Tailhade, Mirbeau et les autres invectivaient sans retenue Napoléon III, Gambetta, Ferry ou des élites de moindre importance. Le livre évoque les ressorts du pamphlet, ses succès qui se vendaient par centaines de milliers d'exemplaires, et un code d'honneur où le duel remplaçait le droit.
On ne peut s'empêcher aujourd'hui (enfin, du moins moi) de garder une once de regret de ce mode d'expression. Non pour faire l'apologie de l'injure ou de la calomnie, ou de la flatterie de la sottise populaire, d'autant que le genre était plutôt pervers, à qui tout procès faisait ventre, qu'il fût gagné ou perdu (même si dans ce dernier cas la peine se comptait parfois en mois de prison). Mais derrière la féroce démagogie des pamphlétaires, démagogie qui depuis a pris d'autres formes, il y avait le débat et la rigueur, l'investigation et le courage, doublés d'un langage fleuri par des esthètes. Cela passait certes souvent par l'outrance, la caricature et la mauvaise foi, mais la démocratie ni la littérature n'y perdaient pas.
Depuis, les communicants ont pris le relais, pour arrondir, édulcorer, anesthésier toute saillie. Il devient impératif de ne rien signifier. Mais, même lobotomisées, les foules sont assez lucides pour apprécier la vacuité de la chose et fuir les urnes...

vendredi 17 juin 2016

Occitanie, An 1

La nouvelle est tombée hier. Ce n'était plus une vraie surprise, mais c'était quand même inespéré il n'y a pas si longtemps : notre nouvelle région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon devrait s'appeler Occitanie ! J'écris bien "devrait", comme une injonction, mais aussi comme un conditionnel, car rien n'est acquis. Mais les politiques, même si ce n'était pas leur choix, auront du mal à faire fi d'une consultation au résultat clair qui, outre son coût, a généré plus de 200 000 votants. Quant au Conseil d'Etat, qui statuera en dernier ressort, son éternel jacobinisme aura du mal à argumenter du côté "politique" de l'appellation, à moins de débaptiser aussi la Bretagne ou la Corse...
Le nom Occitanie a été plébiscité par plus de 45% des votants ; si l'on considère que 12% (dont moi) ont choisi Occitanie-Pays Catalan, que 10% ont préféré Languedoc, ce sont finalement plus des deux tiers des suffrages qui ont choisi une référence historique et culturelle, pour un nom qui avant d'être vendeur à l'international se devait d'être fédérateur. Un sous-titre pourra à présent prendre en compte les enjeux internationaux et ceux des Catalans.
Dans le monde tel qu'il va, il me semble que voilà une bonne nouvelle. Je sais bien qu'il n'y a pas 100 000 occitanistes dans cette région, mais il est encourageant de voir que le citoyen lambda, conscient d'une langue et d'une culture et loin de tout nationalisme, a su faire sien ce nom d'Occitanie, bien plus vieux que ne l'objectent les incultes, porté pendant longtemps par des groupes modestes et désormais apanage du grand public. 
Face aux propositions touristiques ou communicantes, ce choix populaire de la culture et de l'Histoire permet de ne pas désespérer... Nous n'en sommes pas à une nouvelle fin'amor ou un nouveau paratge, mais ce matin il fait beau.

samedi 4 juin 2016

Le monde étrange des Myxomycètes, en un beau livre

Découvrez ce beau livre "Le monde étrange des Myxomycètes", d'Anne-Marie Rantet-Poux, ( Editions Bacofin, 140 p, 29 E), avec qui j'avais signé il y a quelques années "Passeport pour le Pays de Cocagne"...


"Ce livre, fait de belles photos  et d’un style joyeux, est l’histoire illustrée d’une rencontre entre l’auteur et l’univers des Myxomycètes.
Sans doute n’avez-vous jamais vu de myxomycètes, faute de les avoir remarqués. Champignons les plus archaïques et simplifiés, situés à la limite du règne  végétal et du règne animal, ils se déplacent sous la forme d’un film visqueux à peine visible. Ils constituent un monde à part entière, riche d’un millier d’espèces, de très petite taille, mais aux formes et aux couleurs extraordinaires...
Pourtant ces êtres vivants, tout petits mais doués de mémoire, offrent de belles perspectives de recherche, par exemple pour mieux comprendre le mécanisme du cancer ou pour alléger l’environnement de ses détritus végétaux...
Les Myxomycètes sont à la fois une énigme scientifique et un espoir pour l’humanité et la planète."

Anne-Marie Rantet-Poux est pharmacien et photographe.                                     
Spécialiste de la nature et de ses richesses, elle pose un regard, incisif et contemporain, sur notre environnement.
Contact : annemarierantetpoux@yahoo.fr

mercredi 1 juin 2016

Monteils un autre regard, 5ème

A partir du 22 juillet et jusqu'au 30 juillet, se déroulera à Monteils (82) la 5ème édition de Monteils un autre regard, exposition multiculturelle.
Je reviendrai très bientôt sur cet évènement.
Vernissage le vendredi 22 juillet à 19 heures.

mardi 31 mai 2016

Déjà parus

  Avant d'aller plus loin sur des parutions à venir, un rappel des ouvrages déjà parus :


. Chez l'Harmattan en 2014 :
                             Mona Lisa ou la clé des champs, 160 p., 16.50 euros

. Chez l'Harmattan en 2011 :
                              Aveyron Croatie, la nuit, 192 p. 18.00 euros

. Chez Elytis de 2002 à 2012 :
                             2012 : Passeport pour le Pays de Cocagne (photos de AM Rantet-Poux), 96 p, 9.00 euros
                             2007 : Histoires peu ordinaires à Toulouse, 124 p. 13.50 euros
                             2006 : Histoires peu ordinaires au Cap-Ferret, 124 p.,13.50 euros
                             2005 : Week-end à Schizoland, 156 p. 16.00 euros
                             2002 : La branloire pérenne, 224 p. 16.80 euros.

Disponible dans toutes les librairies, chez les éditeurs (elytis-edition.com et editions-harmattan.fr) ou chez l'auteur (pouxmichel@neuf.fr)...

lundi 23 mai 2016

Le Goff : pour un tri sélectif

On me pardonnera le pléonasme du titre, regrettable mais institutionnalisé depuis si longtemps...
J'avais évoqué ici même, voilà quelques semaines, le livre de Jean-Pierre Le Goff, Malaise dans la démocratie (Stock). A l'issue d'une lecture approfondie de l'ouvrage, l'envie me vient de pousser un peu la critique.
Je ne reviendrais pas sur les qualités que je trouvais à Le Goff et à son parcours. Je ne reviendrais pas non plus sur le reproche que je lui faisais d'exagérer les effets de Mai 68, source prétendue de tous nos maux. J'approfondirais simplement deux points majeurs de son ouvrage, vieux chevaux de bataille de l'auteur, sur lesquels je m'autorise un compétence critique : le management et la "psychologie".
Concernant le management, je suis d'accord avec lui sur les ravages de l'injonction paradoxale qui consiste à soumettre le salarié à un "épanouissement personnel" désormais obligatoire, injonction lourde de perversité. Sauf qu'il n' y a qu'un universitaire pour croire que la réalité en entreprise est celle que relatent les livres de management pour les nuls ! Et que, comme disait Rousseau, "si c'est la raison qui fait l'homme, c'est le sentiment qui le conduit..."
Concernant ce qu'il appelle la psychologie, même critique : Le Goff fait semblant de confondre les théories et la vulgarisation qui en est faite, pour ne pas dire les clichés. On peut reprocher bien des choses à 'Libres enfants de Summerhill", par exemple, mais c'est surtout l'interprétation que certains en ont fait que l'on regrettera. Et pour faire de F. Dolto la papesse de l'enfant-roi, il faut montrer beaucoup de mauvaise foi ou bien ne l'avoir jamais lue, elle qui (peut-être consciente du risque) n'a cessé de répéter, précisément, que l'enfant ne devait jamais se trouver au centre de son monde... Il est vrai que la vulgarisation, là comme ailleurs, a souvent été calamiteuse et diamétralement opposée au propos initial...
Jean-Pierre Le Goff donne parfois l'impression de surfer sur des théories supposées, davantage que sur la réalité observable ; à ce titre il peine pour trier les causes et les effets, ce qui nuit à ses écrits, d'autant qu'il n'a pas la finesse et la férocité joyeuse d'un Muray, par exemple.
On retiendra par contre, entre autres propos sur la déculturation présente, le superbe chapitre consacré à la religiosité contemporaine, entre "Développement personnel, néobouddhisme et écologie"...
Nous y reviendrons.

lundi 16 mai 2016

Travelling sur Marcel Aymé

Retour sur des billets récents, où j'évoquais les bouquinistes et, un peu plus tôt, Marcel Aymé. Or il se trouve que, précisément chez un bouquiniste, j'ai trouvé un exemplaire jauni de Travelingue (de l'anglais travelling, francisé par l'auteur).
Ce roman, d'un comique et d'une férocité comme on ne sait plus en faire (ou qu'on n'a plus le droit d'écrire) se situe pendant les évènements du Front populaire mais il est, si j'ose dire, furieusement contemporain. Aymé y croque allègrement les turpitudes des bourgeois, des prolos, des énervés et des généreux, de tout ce qui fait le quotidien des familles. C'est aussi une satire désopilante et de ce que l'on n'appelait pas encore la gauche caviar, au profit des "petites" gens pas assez savantes ni riches pour se mentir. Entre le snobisme de la bourgeoisie, surtout petite, et la bêtise de l'extrême-droite, les portraits sont acides. On pourrait croire, dit comme cela, à quelque cliché, mais le propos de MA est trop subtil pour tomber dans les idées toutes faites. En tout cas, on comprendra aisément le tombereau d'ordures qui s'abattit sur l'auteur à la Libération, de la part d'une intelligentsia qui sut se reconnaitre.
J'ai déjà décrit tout ce qui fait la saveur de Marcel Aymé : son humour, son acuité, son amour des vrais gens, sa subtilité, son détachement. Et en lisant Travelingue, on se plait à imaginer un tel ouvrage...actualisé dans notre XXIème siècle. Mais, quand en prennent pour leur grade les politiques, les syndicats, les bourgeois, le peuple, les féministes, les homos et d'autres, serait-il seulement publié ?