mercredi 19 juin 2019

Déjà parus...

A l'approche de l'été, et en attendant de se croiser au hasard d'un Salon du Livre, un petit rappel de mes œuvres :

          . Les Saints des derniers jours - L'Harmattan 2018
          . Le répountchou qu'es aquò ? - Vent Terral 2017 (avec AM Rantet Poux)
          .  Mona Lisa ou la clé des champs -L'Harmattan 2014
          .  Passeport pour le Pays de Cocagne - Elytis 2012
          .  Aveyron Croatie, la nuit - L'Harmattan 2011
          .  Histoires peu ordinaires à Toulouse - Elytis 2007
          .  Histoires peu ordinaires au Cap-Ferret - Elytis 2006 (avec Ch. Oyarbide)
          .  Week-end à Schizoland - Elytis 2005
          .  La branloire pérenne - Elytis 2002

En vente aussi dans toutes les librairies, chez l'auteur, sur ce blog (en rubrique Commentaires) ou l'éditeur.
Pour les ouvrages publiés chez l'Harmattan, disponible aussi en version numérique (www.harmattan.fr).

mardi 11 juin 2019

Du temps des intellectuels en politique

C'est un pavé. Plus de 600 pages, plus une centaine d'autres en annexes. Un bon kilo sur la balance. Le genre d'ouvrage qui assure quelques semaines de bonne lecture, si vous aimez l'Histoire et notamment le rôle des intellectuels dans celle-ci.
Le livre s'appelle "Les intellectuels français et la guerre d'Espagne", de Pierre-Frédéric Charpentier, aux éditions du Félin. Comme le titre l'annonce, l'auteur recense et analyse l'engagement des intellectuels français, de droite et de gauche, face à cet évènement majeur, complexe et tragique, que fut la guerre civile espagnole. Il montre les différents aspects de cet engagement, depuis les sincérités jusqu'aux cynismes ; on y retrouve bien sûr les grands noms connus (Bernanos, Malraux, Weil...) mais également nombre de plumes d'auteurs ou de journalistes que le temps a renvoyé, parfois à tort, dans l'anonymat. L'auteur aborde aussi les fractures idéologiques au sein de chaque camp : pacifistes-interventionnistes ou staliniens-révolutionnaires à gauche, chrétiens progressistes-maurrassiens à droite, par exemple.
P.F. Charpentier, universitaire toulousain, écrit bien, mais ce n'est pas un conteur. Et son travail se veut trop exhaustif pour être léger ; peut-être aurait-il gagné parfois à synthétiser un peu plus. Mais son ouvrage est très intéressant, à plusieurs niveaux ; on peut certes débattre du sous-titre "Une guerre civile par procuration". Mais il illustre ce que pouvait représenter l'engagement des "clercs" lettrés et le poids qui était le leur à l'époque. Et, serait-on tenté d'ajouter, la force de leur pensée et de leur parole.
Comparer les époques ne présente guère de sens, mais on regrettera que cette force, diverse, multiple, contradictoire, polémique, violente souvent, hétérogène, qui offrait un débat de haut vol, que cette force se soit liquéfiée au fil du temps. On a perdu à la fois l'essence pamphlétaire, la hauteur de vue et la qualité de plume : la télévision, l'affairisme et la démagogie y ont gagné, la démocratie et le débat y ont perdu.
Quoi qu'il en soit, si le sujet vous intéresse, "Les intellectuels français et la guerre d'Espagne" vous offre un aperçu très complet d'un temps qui pensait.

mardi 4 juin 2019

D'Appollinaire à Daesh

L'actualité a ceci de remarquable qu'elle permet immanquablement de constater la redondance des choses, et par là même de montrer que c'est le regard porté sur ces choses qui autorise l'esprit critique.
Ainsi ces jours-ci compte-t-on les ressortissants français condamnés à mort en Irak pour leur appartenance à Daesh. On atteint désormais la douzaine. Le gouvernement français a pour position de les laisser juger là-bas, où ils ont sévi ; mais la France demeurant fidèle à son opposition à la peine de mort, elle insistera pour que cette peine soit commuée en perpétuité. Je ne serais pas surpris si un proche avenir voyait surgir des complications ou des contradictions, mais la position française me parait cohérente, malgré les habituels cris d'orfraie de quelques impuissants aux mains forcément propres.
Flash-back : en août 1914, Guillaume Appollinaire veut s'engager dans l'armée française (ce qu'il n'obtiendra qu'en décembre), pour remercier le pays qui l'a accueilli enfant, qui l'a éduqué et qui lui a permis de s'exprimer. Pas la CMU, pas le RSA, pas les Allocs, simplement de quoi vivre, apprendre et créer...
Les condamnés français d'Irak sont généralement, eux aussi, issus de l'immigration. Ils ont quitté la France pour aller aider les terroristes qui entendent la détruire.
Si l'attitude d'Appollinaire, et avec lui de nombreux autres étrangers, auteurs ou rapins de Montparnasse ou de Montmartre dont le mode de vie ou les oeuvres n'avaient rien de va-t'en-guerre, si cette attitude conforte la grandeur d'une France terre d'asile, celle des salafistes appelle des constats plus mitigés et des analyses plus subtiles. Il y aurait la nécessité d'un débat apaisé, par exemple sur la dimension culturelle de l'intégration ou le sens des migrations. Malheureusement on en est loin, et sans doute pour longtemps.

lundi 27 mai 2019

Une belle çonnerie...

En ces temps d'élections, il n'est pas inapproprié de poser la question "De quoi l'efficacité politique est-elle faite ?". Sans doute de qualités d'analyse, et de synthèse, de ténacité, de cynisme, de courage, etc... Mais aussi du sens de l'Histoire, du passé qui colle aux bottes et du futur qu'il faut façonner, quand le présent et sa dictature de l'instant ne laisse guère de loisir à la réflexion. Et donc de la nécessité d'une culture, politique et historique, chez le personnel politique.
Au niveau de la société, chez l'électeur lambda, le gilet jaune ou l'abonné au gaz, il y a longtemps que les titres des musiques d'Ennio Morricone se sont effacés derrière les marques de la pub qu'ils accompagnaient ; idem pour les morceaux classiques recyclés en sonneries de portable. Aujourd'hui, même sur les futures "élites" supposées, tendance Unef ou Sciences-Po, l'inculture s'est abattue et veut en imposer aux autres ; on décontextualise et on réécrit l'Histoire, entre stupidité ignorante et mauvaise foi intéressée. Les Suppliantes d'Eschyle sont ramenées à une lecture, en contresens anachronique, de campus américain du XXIème siècle, alors que la vieille pièce offre tout ce qu'il faut pour aborder l'altérité et le déracinement. Pierre Loti, Malaparte, Audiard, Voltaire lui-même, et beaucoup d'autres, voient leurs écrits relus à la mode de maintenant. L'écriture inclusive, débilité communautariste et totalitariste, participe de cette fâcheuse (fasceuse ?) tendance contemporaine à voir l'Histoire de monde à la lumière de son nombril, forcément éclairé. Et ajoutons que l'impossibilité d'user du second degré, sauf à courir de gros risques, ne relève en rien la finesse d'expression de ces débats de cornecul.
Pour en revenir aux politiques, on sait qu'ils doivent être peu ou prou en phase avec leur peuple : on ne s'étonne pas des Roujon Macquart de l'un, du Zadig et Voltaire de l'autre, ou des errements d'un porte-parole de gouvernement attribuant à Marc Bloch le concept maurrassien de pays légal-pays réel.
Il faudra hélas s'y faire : l'inculture est un pilier de la société du consommateur, qui a remplacé le citoyen, et tout autant une arme de pouvoir. A quand un ministre ou un président qui fera de Mozart ou Beethoven un auteur de sonneries de portable ? Ce jour là, restera-t-il quelqu'un pour dire, comme Bobby Lapointe, que pour une belle sonnerie c'est une belle sonnerie ?

dimanche 19 mai 2019

Valéry, Debray, l'Europe

Tout n'est pas négatif dans les élections européennes ! Ainsi est-ce l'occasion pour Régis Debray de publier simultanément "L'Europe fantôme" (Gallimard) et "Un été avec Paul Valéry" (Equateurs). Ce dernier ouvrage permet de redécouvrir Valéry le sétois, et pas seulement pour son "Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles.", même si ces vers donnent de plus en plus à penser. Car Valéry, hélas un peu tombé dans l'oubli, avait eu des fulgurances qui, depuis ses années 20, avaient à peu près tout prévu. Celui-ci rêvait d'une "société des esprits" à l'échelle européenne, mais son Europe à lui était celle accouchée de la Mare nostrum méditerranéenne, "là où ont conflué la géométrie grecque, le droit romain et la conscience chrétienne." Mais il a vite saisi en 1945 qu'une civilisation atlantique allait supplanter la méditerranéenne. On connait la suite.
Aujourd'hui l'Europe du nord a pris le pas sur l'Europe du sud et sa "pensée de Midi" (Valéry), pour "une Europe managériale qui parle anglais et qui pense américain" (Debray). On a pensé, naïveté ou inculture d'économiste, qu'on pouvait faire un peuple avec une monnaie ; on a juste un néolibéralisme destructeur qui produit en réaction des populismes inquiétants. Il n'y a pas de peuple sans imaginaire commun, et le seul imaginaire partagé désormais est un imaginaire venu de Californie : il n'y aura pas de peuple européen avant longtemps. Et pourtant, veut croire Régis Debray, notre vieille Europe reste encore un endroit où "l'économie ne fait pas la loi, où le politique a le pas sur le business, et le forum sur la banque".
On sait le médiologue critique vis-à-vis des Etats-Unis, et de cette forme d'Europe qui selon lui en découle. Son propos peut être critiqué. Mais celui-ci a au moins le mérite d'être plus intéressant que les discours poussifs des listes en campagne, davantage formatées pour la politique intérieure, entre démagogie populo-souverainiste et arguties techno-mondialistes. Et Debray de citer fort opportunément, au sujet des militants européistes, la définition de l'amour selon Lacan : donner ce que l'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas.
 Et je me surprends à rêver, tel un Valéry, à une Europe des esprits...

mercredi 15 mai 2019

Verte campagne, ou comment perdre une voix...

Pendant les campagnes électorales aussi, il arrive des choses dont on ne sait s'il convient d'en rire ou d'en pleurer. Ainsi l'autre jour, voguant au gré des humeurs de ma zapette, je tombe sur un débat sur C8, dans l"émission de Pascal Praud ; celle-ci s'appelle "punchline" et illustre assez bien l'air du temps, vaguement beauf et réac. Quelques invités s'invectivent, s'interrompent, parlent en même temps, rivalisent de slogans simplistes et accessibles : bref un débat (?) pour divertir, davantage que pour se faire une opinion ou élever sa pensée.
C'est là que s'est fourrée Claire Nouvian, militante écologiste connue, parait-il, et embarquée en 78ème position sur la liste Glucksmann, dont elle est une des têtes d'affiche. J'ai pris l'émission en marche mais assez tôt pour constater qu'elle n'était pas dans cette disputatio pour débattre mais pour conférencer, si j'ose dire, du nom de ces activités, généralement rémunératrices, qui occupent nos penseurs contemporains. Elle récite donc le discours habituel sur le réchauffement climatique qui va tuer la planète par la faute de l'homme. Manque de chance, ou comme de bien entendu, ses contradicteurs ne sont pas sur la même longueur d'onde. Et c'est là que les choses dérapent : on sait bien qu'un politique vise plus à convaincre le téléspectateur-électeur qu'à changer l'avis de ses opposants, mais un débat a sa logique, c'est justement de débattre en échangeant des idées différentes. Quant on objecte à Madame Nouvian, à tort ou à raison, que si la modification climatique de puis trente ans est incontestable, cela ne nous dit rien de la durée et de la portée historique du phénomène, elle ne le supporte pas : "Mais vous êtes dingues !" Malgré la puissance de l'argument, le camp d'en face insiste et reste prudent, en conséquence, sur la responsabilité de l'homme dans ledit phénomène. "Mais vous êtes tarés !" vocifère l'égérie verte. L'échange (?) devient bruyant, on entend "c'est vous qui êtes dingue", "religieuse", "rétrograde", "folle"... dans ce pugilat verbal. De son air de chattemite, Praud invite à se calmer, et souhaite qu'on puisse parler du climat sans être "hystérique". "Ah, c'est parce que je suis une femme !" hurle l'héroïne. Je vous fais grâce de la suite.
On pourrait rire de tout cela ; pourtant quelque chose me fait peur. Je ne sais pas si Madame Nouvian sortait d'un apéritif trop arrosé, ou si elle s'est trompée dans le dosage de son nouveau médicament, si elle s'était donné du courage avec un produit illicite ou immoral, ou si elle est toujours comme ça. Mais si je m'en tiens à sa prestation ce n'est pas conférencer que j'aurais du écrire, mais prêcher. Car toute sa réthorique repose sur un dogme de départ, un présupposé qui ne saurait être mis en doute. Car le dogme est sacré, d'ailleurs si on ne le considérait pas comme tel, il pourrait bien s'effondrer tout seul ! En gros, l'argumentation commence par "Puisque les choses sont ce qu'elles sont", à partir duquel on déroule l'argumentation : malheureusement rien ne prouve que les choses sont ainsi. Certes Madame Nouvian et une certaine frange écolo ne sont pas les seuls à procéder ainsi, mais une idéologie qui a fait du terme "sceptique" une insulte puis une injure ne me dit rien de bon. Et on est est à présent à "climato-négationniste", entendu dans la bouche de notre candidate : et là on a beau savoir que tout ce qui est excessif est dérisoire, on est au bord de l'abjection.
Si cela présentait le moindre intérêt j'ajouterais que la liste Glucksmann faisait partie de celles pouvant encore prétendre à ma voix le 26 mai, car justement Glucksmann me semblait porteur d'idées de débat. Mais là...
J'ai souvent, dans ce blog, dénoncé les fantasmes totalitaires de certaines idées à la mode et bienpensantes. On a connu la totalitarisme brun et le totalitarisme rouge. Désormais on pourrait craindre également le vert. Contrairement à ce qu'on dit, les goûts et les couleurs se ressemblent souvent.

vendredi 3 mai 2019

Renaissance (pour les nuls)

L'actualité dans ce pays est à la Renaissance : le fantasme de nouveau monde parvenu au pouvoir en 2017, la récente lettre aux Français intitulée Renaissance, la commémoration de Léonard de Vinci, ... et le nom de la liste macronnienne aux élections européennes.
On sait que ce terme est riche, pour les pubards : renaissance, essence, sens... et l'idée même de ce qu'il évoque est sympathique. Le seul problème est que les acteurs ne sont pas à la hauteur de la pièce, et c'est ainsi qu'on définit cette période par rapport à celle qui l'a prétendument précédée. Et Madame Loiseau, qui une fois de plus vole assez bas, n'a pas échappé aux clichés en expliquant le nom de sa liste par l'habituel concept d'une nouvelle et brillante civilisation succédant à l'obscurantisme du Moyen-Age.
Nous y voilà. Depuis le début des Lumières, on nous rabat les oreilles au nom qu'il y aurait eu dans l'Histoire deux périodes éclairées : l'Antiquité puis la Renaissance, qui a ouvert l'ère merveilleuse dans laquelle nous vivons encore. Entre l'Antiquité et la Renaissance, un Moyen-Age obscur, sale, grossier et barbare, fait d'inquisition, d'autodafés et de terreur diverses. Certes ce moment de l'Histoire ne fut pas un long siècle tranquille, mais je ne sache point qu'il ait eu l'exclusivité de la répression des idées ou du terrorisme religieux. Et la violence n'a pas disparu depuis, même si ses formes ont pu varier. Sur le plan de la science, il fut quand même le temps des moulins, de l'horlogerie, de l'imprimerie, de la cartographie, des bains publics (tradition qui se perdra sous la Renaissance et ses parfums), etc... Ces siècles furent aussi ceux d'Averroes ou d'Avicenne, ceux des châteaux et des cathédrales : il faut un certain degré de mauvaise foi ou d'inculture pour prétendre que l'architecture du Moyen-Age était "obscurantiste".
Donc Madame Loiseau se révèle ici un peu fainéante. Peut-être est-il difficile pour une juppéo-macronienne contemporaine de comprendre une époque inscrite dans le temps long et portée par un élan spirituel, quand notre temps se réduit aux errements du CAC 40 et aux aboiements de rond-points. Et la communication politique ne pousse pas à la subtilité. Cela dit, on peut avoir assez de noblesse personnelle pour éviter la médiocrité.

lundi 29 avril 2019

Notre Drame de France

La France est ainsi faite que tout y est matière à chamaillerie, nobles causes ou faits divers. En l'occurrence le sujet en vaut la peine : comment restaurer Notre-Dame de Paris après le drame. Personnellement ce travers français ne m'est pas a priori antipathique, ni sur le fond (peu de pays au monde sont capables de s'emplâtrer sur un tel thème) ni sur la forme lorsqu'elle est avenante (on connait mon intérêt pour les pamphlets). Pourtant, à ce stade du débat non seulement je ne me suis pas fait d'opinion définitive, mais je suis encore aux prises avec une certaine perplexité.
D'abord parce que l'affrontement entre les tenants d'une restauration à l'identique et les partisans d'un ajustement architectural contemporain serait plus transcendant s'il n'était pas surfait pour des raisons essentiellement partisanes, donc quelque peu caricaturales. Les "conservateurs" arguent de la culpabilité de n'avoir pas su, pour notre génération, transmettre Notre-Dame comme nous l'avions reçue, n'osent pas toucher à un symbole de huit siècles et demi et réclament bizarrement  qu'on refasse telle qu'elle était la flèche de Viollet le Duc, d'un néogothique pour le moins discutable, qui date de... 1860.
En face, ceux qui entendent profiter de l'occasion pour laisser une trace de la vie de la cathédrale, tout en la rendant plus "sécure", comme on dit de nos jours. Les "conservateurs" se veulent fidèles et respectueux du spirituel. Les autres se veulent pragmatiques, modernes et inscrits dans l'Histoire. Les premiers fustigent une volonté profane et macronienne de marquer un passage ; les seconds agonisent la droite et l'extrême-droite réactionnaires. On l'aura compris : les premiers sont proches de l'opposition, les seconds de la majorité.
On aura compris aussi que, parti de haut, le débat a baissé de quelques crans.
Alors, plutôt que de vouloir reconstruire Notre-Dame "plus belle encore" et en moins de cinq ans ou de vouloir en réponse dénoncer un narcissisme présidentiel et moderne, serait-il inenvisageable de laisser la parole aux experts, quels que soient les travers qu'on peut leur connaitre, et d'attendre des avis sensés ? et d'adopter des postures modestes face aux siècles qui nous contemplent ?
Dans mes jours d'optimisme, je me prends à croire qu'il doit être possible de bâtir du beau, du spirituel, du contemporain, du grand,... dans le même geste, car c'est bien in fine notre regard qui donnera à l'objet architectural sa dimension.

mardi 16 avril 2019

L'Unef des fous

Prenons les choses dans l'ordre, sans exhaustivité hélas mais de manière chronologique.
Il y a quelques jours, un groupe de nervis étudiants de l'Unef envahit la Sorbonne, lieu hautement symbolique, et interdit la représentation d'une pièce d'Eschyle, au prétexte que les acteurs sont grimés de noir, selon la tradition du masque antique signifiant que les personnages étaient d'une couleur de peau particulière : nos godelureaux (-relles) sont infoutus d'y voir autre chose qu'un blackface, selon la pauvre culture américaine qui les a nourris.
Hier soir, alors que Notre-Dame de Paris flambe sous les regards du monde entier, la vice-présidente de l'Unef de Lille fait son show sur Twitter, dans le langage qui y sévit :"Je m'en fiche de notre-dame de paris car je m'en fiche de l'histoire de france je sais pas quoi" "Jusqu'à les gens vont pleurer pour des bouts de bois" "wallah on s'en balek objectivement c'est votre délire de petit blanc"...
Simultanément un membre du Bureau national ironise à son tour "ça y est drame national, une charpente de cathédrale brûle".
Evidemment, suite à ce feu d'artifice de subtilité et de culture, les réponses tombent en masse, pas vraiment consensuelles, et la présidente nationale s'en offusque, défendant mordicus les deux blaireaux (-relles). Elle s'en désolidarisera vaguement un peu plus tard.
Jadis l'Unef était le tremplin de carrière des jeunes ambitieux de gauche. Aujourd'hui elle est devenue, comme le dit Pierre Jourde (un ancien de la maison) un syndicat de talibans et un mélange de SA et de Gardes rouges. Si le futur de la gauche de demain est à chercher chez ces abrutis là, il y a quelques soucis à se faire, et je m'en vais de mon côté désespérer de l'avenir du monde.

mardi 2 avril 2019

Salon du livre de Figeac

L'édition 2019 du Salon du Livre de Figeac se tiendra le

                        Dimanche 07 avril 

                       de 09 h à 18 heures

               Espace François Mitterrand

L'occasion de nous y rencontrer ?