jeudi 13 octobre 2011

Déjà parus... avant le prochain, et...

Avant d'aller plus loin sur mes (proches) parutions à venir, un rappel des "déjà parus", chez Elytis depuis 2002 :
Voir ci-dessous les billets des 31/03, 05/04, 12/04,21/04, etc...

     . 2007 : Histoires peu ordinaires à Toulouse, 124 pages, 13.50 euros
     . 2006 : Histoires peu ordinaires au Cap Ferret, 124 pages, 13.50 euros
     . 2005 : Week-end à Schizoland, 156 pages, 16.00 euros
     . 2002 : La branloire pérenne, 224 pages, 16.80 euros.

Disponibles dans toutes les librairies, chez l'éditeur (elytis-edition.com) ou chez l'auteur (pouxmichel@neuf.fr ou message dans les commentaires ci-dessous).
J'évoquerais très bientôt "Aveyron Croatie, la nuit" (en fabrication) chez l'Harmattan... et une surprise pour Juin 2012.

vendredi 23 septembre 2011

Brassens et les indignés

Indignons-nous, folleville. Sauf à passer pour un blaireau réactionnaire, cynique et sans coeur, il faut s'in-di-gner, sur le mode d'un slogan publicitaire qui fit jadis la fortune d'une marque d'eau minérale, le tout en musique.
Cela n'a sans rien à voir, mais hier soir dans le huis-clos de ma voiture, en écoutant Brassens, j'ai entendu ce vers de l'une de ses chansons "posthumes" (Tant qu'il y a des Pyrénées) : 
          S'engager par le mot,
          Trois couplets, un refrain,
          Par le biais du micro,
          Ca se fait sur une jambe
          Et ça n'engage à rien,
          Et peut rapporter gros (bis)...
Mais je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout ça...

jeudi 8 septembre 2011

Panthéon décousu

La rubrique Livres du Nouvel-Obs de cette semaine repose sur le "best-off" de Frédéric Beigbeder, "le XXème siècle en 100 livres".
Ignorons la sélection de FB, sachons simplement pour apprécier le sérieux de cet exercice convenu qu'il y manque par exemple Aragon, Bernanos, Céline, Faulkner, Giono, Gracq, Morand, Proust, Soljenitsyne...
Peu importe, sur 3 pages d'autres confrères disgressent doctement et critiquent sans ardeur. Même Pierre Jourde semble bien amorphe et n'empêche l'appel du vide.
Heureusement, si on tourne la page, Sollers fait revivre Claude Simon.

jeudi 4 août 2011

Hölderlin et les indignés

Comme chez vous sans doute, arrivent dans ma boite mail de ces diaporamas sirupeux pour lobotomisés que s'envoient tous les déprimés de la planète : de belles images photochopées on ne sait où qui concluent invariablement à ce que le bonheur est en vous, mais que vous ne savez pas le voir. Ces icônes, en général élaborées par des sectes, n'ont rien de la libération freudienne : elles captent le quidam par là où il est vulnérable (sa souffrance) et l'amènent inexorablement à un constat d'échec (pas de rupture avec la névrose) et donc de culpabilité. Il est alors mûr pour les gourous de tout poil.
Dans le même temps, non loin de là, on s'indigne un peu partout, en groupe, en ligue, en procession, comme le revendiquait Ferrat. C'est mieux qu'en sectes, en messes, en ablutions. L'efficacité est la même.
Pour tous ceux qui manqueraient d'objectif ou de panache, il me revient ici un vers, récemment découvert, de Hölderlin : "Un jour, un seul, j'aurai vécu ce que vivent les dieux... Il n'en fallait pas davantage".

samedi 23 juillet 2011

Le retour de l'épervier

Les éditions Omnibus publient "Les Années sauvages", un recueil de cinq romans de Jean Carrière, de ceux qui suivirent l'Epervier de Maheux.
J'ai longtemps cherché ce qui fut le Prix Goncourt 1972, avant de le trouver il y a un an chez un bouquiniste des quais de Seine. Devenu introuvable ce livre qui connut pourtant un immense succès (2 millions d'exemplaires, pour prendre une aune de nos jours) valut à Jean Carrière (cet "exagéré sentimental") une terrible décompression, et la dépression qui s'en suivit fut une horreur. Pas comme celle, par exemple, qui valut un autre Goncourt, plus récent, à un belge désormais académicien. Quoi qu'il en soit, l'évolution éditoriale fit que le talent du cévenol ne retrouva jamais la voie du succès.
Si j'évoque ici Jean Carrière, c'est qu'il y avait en lui ce souffle puissant et spirituel, ce sens de la terre et des hommes que je n'ai connu que chez Giono. C'est aussi pour mesurer ce qui sépare un Goncourt 1972 d'un Goncourt d'aujourd'hui.
Sic transit gloria mundi.

lundi 4 juillet 2011

Déjà parus...

Avant d'aller plus loin sur mes (proches) parutions à venir, un rappel des "déjà parus", chez Elytis depuis 2002 :
Voir ci-dessous les billets des 31/03, 05/04, 12/04,21/04...

     . 2007 : Histoires peu ordinaires à Toulouse, 124 pages, 13.50 euros
     . 2006 : Histoires peu ordinaires au Cap Ferret, 124 pages, 13.50 euros
     . 2005 : Week-end à Schizoland, 156 pages, 16.00 euros
     . 2002 : La branloire pérenne, 224 pages, 16.80 euros.

Disponibles dans toutes les librairies, chez l'éditeur (elytis-edition.com) ou chez l'auteur (pouxmichel@neuf.fr ou message dans les commentaires ci-dessous).
J'évoquerais très bientôt le cinquième titre (en fabrication...).

vendredi 1 juillet 2011

Pour Céline

Vu et entendu hier soir, sur la chaine Histoire, une soirée spéciale Louis-Ferdinand Céline. Je dis bien vu et entendu, car c'est la première fois que j'entends des textes de l'auteur, et j'avoue une découverte : les phrases de Céline ont un son et une musique. Non seulement il explosé la langue mais il a donné son rythme.
Extraits de films d'il y a 40 ans ou plus (Polac, de Roux, Dumayet, Barjavel, Pauwels, Michel Simon...), d'un temps où il fallait fumer face à la caméra, où l'Audimat n'existait pas, où l'exigence à la télévision ne rebutait pas.
Et ce bonhomme, que l'on voulait affreux (voir notre billet du 15 Mai), à la voix si douce, au propos si noir et si perspicace, qui serait tellement nécessaire aujourd'hui face à la vacuité politiquement correcte... "Tous les impuissants regorgent d'idées", assène t-il. Certes.
On peut reprocher bien des choses à ce médecin obsédé par le microbe, hygiéniste et buveur d'eau, volontiers morbide et masochiste ; on pourrait objecter à contrario qu'il fut obsédé par la souffrance humaine, qu'il la pourchassa au fond de la banlieue, pour l'y soigner gratuitement et y chercher quelque espoir en l'humanité. Pour le reste, il est un homme de son temps, y compris et surtout dans ses maladresses, qui éructa plus fort que les autres (ou avec davantage de talent), à ceci près que lui ne collabora pas.
Pour complexe et nihiliste qu'il fût, l'homme, parfois pas plus sympathique que ses pamphlets, s'efface derrière un tel génie littéraire ; que ses contempteurs continuent à cracher sur le doigt, le poète Bardamu montre encore la lune...

mardi 28 juin 2011

Plumes au bordel

Le dernier Nouvel Obs, dans son supplément télé, découvre, sur une pleine page, un nouveau talent littéraire. Bonne nouvelle, disons-nous, pourtant la demoiselle (je suis sûrement flatteur) a un air de déjà vue. Bon sang mais c'est bien sûr, voilà 15 ans bien sonnés qu'on la voit sur nos écrans, d'où le (bon) titre du papier : l'image ou la plume.
Et la journaliste (celle qui fait l'article) de s'esbaudir devant la journaliste (celle de l'écran, dont on nous dit qu'elle a écrit le livre). Pas bien nouveau tout ça, objectez-vous ; certes, mais là c'est du sérieux et de l'honnête. "A 10 ans, je voulais déjà être écrivain" : si ça c'est pas un signe... Et sa consœur d'attester : "Un ovni littéraire qu'aucun nègre au monde n'aurait pu écrire". Bigre... Pas gentil pour nombre de mes confrères affamés. Mais pourquoi diable parler de nègre ?
Et puis bien sûr, l'impétrante, il y a un an et demi, "a pris un virage". Après tout, ce ne serait pas le premier livre à effet psychothérapeutique. Ah mais, pas que : c'est "l'aboutissement d'une conviction viscérale", "le triomphe de la maturité", "un instinct animal"... et ce thème original de "femme aimée, trompée, violentée... Des vérités crues, des émotions brutes."
Et tout à l'avenant. Et de préciser bien sûr qu'elle a exigé qu'il n'y ait pas sa photo sur la couverture, pas de presse people pour la promo... puis elle enchaine sur sa nouvelle émission quotidienne.
Tout cela a t-il tant d'importance ? Bien sûr que non, et on n'apprend ici rien qu'on ne sache déjà à satiété. Par ailleurs, je n'ai rien contre cette charmante personne, qui n'a peut-être pas que des mauvaises raisons pour sortir ce livre. Disons simplement que l'ensemble de ses œuvres peut laisser sceptique le plus complaisant (en un seul mot), et que présenter la météo est ce qu'elle a fait de moins vulgaire. Mais que le Nouvel Obs et sa plumitive donnent avec tant d'ardeur dans ce genre de promo mascarade m'émeut un peu plus.
Je ne citerai donc pas le nom de la signataire du livre.
Je ne citerai pas non plus toutes ses relations.
Je ne citerai donc pas le nom de l'éditeur. Qu'on sache simplement qu'il active, à côté d'un nom très respectable, un département de communication d'entreprise (en clair des livres payés par le client pour vanter les mérites de celui-ci.)
Tout cela donne bien du talent littéraire.

jeudi 16 juin 2011

Eco en son cimetière

Un livre d' Umberto Eco est toujours un moment rare. Paru récemment, le Cimetière de Prague (Grasset) continue l’œuvre. Et, indépendamment de sa dimension littéraire, il situe quelques manies de l'époque en matière de police morale (anciennement politique).
Ce livre, sorte de feuilleton érudit et romanesque selon la patte du maitre, nous conte les méfaits dans l'Europe de la deuxième moitié du XIXème siècle d'un faussaire vaguement schizophrène mais clairement antisémite et anti-maçonnique, lié notamment à l'affaire Dreyfus ou aux protocoles des Sages de Sion.
Eco situe cela dans la tradition historique du faux document et du"complot", tellement nécessaire... Mais bien sûr on se vautre, à la lecture, dans la tradition antisémite, de droite ou de gauche, et dans le délire qui fait que les Protocoles des Sages de Sion n'ont connu autant de succès qu'une fois établis comme faux...
On l'aura compris, c'est là que les bonnes âmes interviennent : l'ouvrage, qui énonce toute la panoplie anti-juive et anti-maçons de l'époque, est forcément antisémite. L'Osservatore Romano en rajoute une couche. A tout le moins, assènent les plus modérés, manque t-il dans le livre un jugement moral explicite de référence, protégeant le lecteur d'une lecture au premier degré...
Nous en sommes là, aujourd'hui. Peu importe les principes philosophiques animant toute l’œuvre de Eco ; peu importe la distinction entre auteur et personnage, le débat est ancien ; peu importe que le lecteur soit respectable et donc supposé adulte et intelligent ; peu importe qu'un auteur ne soit pas un directeur de conscience et n'aie pas à rappeler toutes les 10 pages ce qui est bien et ce qui est mal...
Seul effet regrettable de ce cornecul, quelques outrances bien grotesques rajoutées dans les propos de son personnage (qui n'en manquaient pourtant pas), afin de bien montrer que l'auteur prend ses distances...
Si impression de malaise il y a, elle n'est pas le fait du livre, remarquable, mais bien de cette police (politique ? communautariste ?) qui prétend de plus en plus souvent proclamer ce qui peut être écrit ou lu, et ce qui ne doit pas l'être. Un avenir radieux s'avance à grands pas.

jeudi 9 juin 2011

Indignation, mode d'emploi

Naguère, j'avais ici même émis quelque sentiment à propos du best-seller "Indignez-vous", dont le succès me paraissait être autant sujet à caution que l'auteur était respectable.
Et voilà que dans le Nouvel Obs de ce jour, dans un modeste filet du courrier des lecteurs, Stéphane Hessel écrit qu'il suit "avec beaucoup d'intérêt tous les mouvements qui se réclament de valeurs négligées par les gouvernements, notamment ceux qui utilisent le terme indignation". C'est bien le moins qu'il puisse faire, au vu de l'impact tsunamystique (je suis ici assez content de ce néologisme) de sa plume.
Plus intéressant, et non sans courage, il remet quelques pendules à l'heure, et même quelques réveils des lendemains qui chantent :"Si ces personnes s'indignent sur la base des valeurs fondamentales défendues dans mon petit livre, j'en suis heureux. S'il n'est question que d'une simple contestation sans référence à ces éléments, alors je suis plus réservé." Tiens, tiens,...
Et d'enfoncer le clou : "Ainsi, l'abstention est totalement contraire à mon message ; il n'est donc pas question que je m'associe à des mouvements qui la prônent.(...), mon soutien aux révoltes espagnole, française ou autre est conditionnel".
Peur de la récupération, ou constat de la vacuité qui de nos jours a vite fait de dénaturer une idée ? Ce n'est pas la première fois qu'un penseur ou un auteur est noyé dans la déferlante qui suit son propos, souvent en le vidant de son sens. La dilution n'a pas toujours les effets de l'homéopathie, et le terme de vulgarisation me semble pouvoir se passer de commentaire. Mais j'invite toutes les groupies de S. Hessel à lire le courrier du Nouvel Obs.