mercredi 22 février 2012

Tillinac, hussard sur le Toi

D. Tillinac est trop agaçant pour que cela n'illustre un certain talent. On connait son côté ronchon, provincial réac ou post-adolescent rebelle à ses contemporains. Son ouvrage à paraitre (Considérations inactuelles, Plon) se veut une lettre aux jeunes d'aujourd'hui.
Certes, il est surprenant de voir D. T. jouer les grand-pères, lui dont la maturité est demeurée très épidermique. Certes, il n'y a parfois rien d'exceptionnel dans certains propos, banalement de droite, anti-Mai 68, anti-psychanalyse, anti-contre-culture, contre les "utopies fanées et infantiles, recyclées en un mélange peu ragoûtant d'hédonisme, de scepticisme et de cynisme". Encore est-il sans doute utile de le dire, même en enveloppant le tout dans un "politiquement correct" bien commode à fustiger.
Certes, ses coups de gueule fleurent souvent une amertume triste d'enfant désabusé. Mais le bougre sait écrire, et sa plume d'une élégante rugosité tranche avec l'époque ; et son discours porte une générosité devenu rare. Si quelques injonctions sonnent parfois comme des slogans : "Sois inactuel et n'écoute personne", "Sois le condottiere de tes désirs, pas leur délégué syndical", ou l'admirable "Les lendemains qui chantent ne savent que des airs militaires", d'autres valent bénédiction : "Edifie ton intériorité comme on construit une vraie maison de pierre. D'abord les murs et le toit (la frontière). Puis la cave (l'inconscient) et le grenier (la mémoire). L'agencement des pièces est secondaire ; la décoration superfétatoire."
Il reste du hussard chez cet homme là, provincial et réac.

samedi 4 février 2012

Aveyron Croatie, la nuit (suite)

Aveyron Croatie, la nuit poursuit sa route de roman, dont on s'interroge pour savoir s'il est historique ou contemporain. D'un point de vue littéraire, je le revendique comme contemporain ; mais le marketing le préfère peut-être historique... Aussi est-il sorti chez l'Harmattan en "hors collection".
Les deux premiers mois d'existence démontrent un beau succès en librairie, et un réel intérêt international, les consultations de ce blog en témoignent.
De nouvelles séances de dédicace se programment, notamment sur Toulouse.
Et d'autres choses à venir.

vendredi 20 janvier 2012

Re. (Jaurès contre Bourdieu)

Pour continuer sur le sujet précédent (voir "Lire à table"), et toujours sur le NO (courrier du lecteur du 19 Janvier), grâces soient rendues à Mr Joseph Pinard, qui abonde dans mon sens contre la fatalité évoquée par Bourdieu.
"Mais comment se fait-il, conclut Mr Pinard (extraction pauvre, ENS et agrégation d'histoire), que la grande masse formatée par l'école sombre dans la résignation, tandis qu'une petite minorité échappe au conformisme et puisse mettre en cause le système ?"
Mon propos n'est ni de commenter l'intégralité de l'oeuvre de Bourdieu, qui me dépasse largement, ni de commenter les fonctions de l'école, sur laquelle j'aurais beaucoup à dire, mais simplement de stigmatiser un fatalisme pervers derrière lequel s'abritent bien des lâchetés et bien des égoïsmes, individuels ou corporatistes.
Et de découvrir au passage cette phrase de Jaurès : "L'histoire ne dispensera jamais les hommes de la vaillance et de la noblesse individuelle".

mardi 10 janvier 2012

Lire à table

Le dossier du Nouvel-Obs du 5 janvier sur l'enfance est un marronnier de campagne électorale, où le lecteur apprécie parait-il l'exposition de l'intimité des candidats, exposition d'ailleurs parfaitement calibrée. Il est pourtant un article qui m'a touché, celui sur l'enfance de François Bayrou. Je partage avec celui-ci à la fois de modestes origines paysannes occitanes et le goût des lettres, ce qui n'a rien d'automatique. FB évoque comment chez ces petits agriculteurs qui lui ont donné le goût de la lecture on lisait à table. Personnellement, j'entends encore les récriminations de ma mère, aussi récurrentes qu'inefficaces : "on ne lit pas à table !" Je n'ai en revanche aucun souvenir d'une injonction pareille de la part de mon père, à qui je pense devoir beaucoup de ma curiosité intellectuelle.
La télévision étant arrivée relativement tard dans ces milieux, ceci explique peut-être cela. Mais dans les deux familles, on savait la rudesse des travaux des champs, et le peu de temps libre était celui des repas. Encore fallait-il qu'il y ait envie de certaines nourritures... Et n'en déplaise à Bourdieu, autre béarnais, le déterminisme social n'est peut-être pas une fatalité.

vendredi 6 janvier 2012

2012, année du blues ?

Qu'est-il possible de se souhaiter, de sincère, d'original et de sensé, en ce nouvel an ?
Certes, bien sûr, des voeux de santé, de sérénité, voire de prospérité si l'on est optimiste, et tout cela n'est pas rien.
Cette année 2012 sera électorale ou ne sera pas, mais on voit bien là que depuis Malraux le temps a passé et avec lui la hauteur de pensée... Et on du mal à croire à une alternative probante.
Alors modestement je souhaiterai qu'un peu de culture revienne habiller les divers sommets de l'Etat, et avec elle le sens de l'Histoire, des arts et des hommes. Culture qu'il est inutile de mettre en maisons ou en administrations.
En attendant, bonne année à tous, et que 2012 vous soit, comme pour moi, une année de... cocagne !

mardi 13 décembre 2011

Dédicaces

Mille et une excuses pour mon manque d'assiduité, mais les contraintes de la promotion ont tendance à me tenir éloigné des claviers...
Je ne reviens que pour témoigner de l'excellent accueil reçu par "Aveyron Croatie, la nuit", que ce soit auprès des lecteurs rencontrés, de la presse ou des institutions... ce qui laisse augurer de futurs évènements autour du titre. J'y reviendrai.
D'ici là, on prendra bonne note des dédicaces d'ores et déjà programmées :
         - Villefranche de Rouergue, (Aveyron), Librairie Barthe, samedi 17 décembre
         - Montauban (Tarn et Garonne), Cultura, dimanche 18 décembre
         - Caussade (Tarn et Garonne), Maison de la Presse, lundi 19 décembre
A bientôt...

lundi 28 novembre 2011

Le sens d'un titre

Pourquoi ce titre ? question rituelle qui, depuis La branloire pérenne, accueille avec constance la sortie de mes romans...
Pourquoi Aveyron Croatie, la nuit ?
Aveyron Croatie, parce que c'est la rencontre hautement improbable de deux régions que rien ne prédestinait à se télescoper dans l'histoire...
La nuit : parce que nous sommes ici au coeur des ténèbres ; les ténèbres qui planent sur le drame de la révolte et de sa féroce répression, et ceux qui empêchent d'y voir dans l'avancée des hommes...
C'est le thème du roman : l'histoire en temps réel se fait tâtonnante, chacun navigue à vue, et c'est l'Histoire majuscule qui décidera a posteriori de la valeur des actes...
... et qui décernera les médailles et l'opprobe.

mardi 22 novembre 2011

Aveyron Croatie, la nuit ; pour comprendre.

Aveyron Croatie, la nuit n'est pas un roman historique, ou du moins mon propos n'est pas celui d'un historien. Il se veut plutôt un roman contemporain, portant un regard d'aujourd'hui, et sans doute de tous les temps, sur les instruments de l'Histoire.
La révolte croate de Villefranche illustre, dans son ambigüité historique (l'instrumentalisation, par ceux que l'Histoire honorera, de ceux qui servent de matière première) l'incertitude de la valeur des gestes et des actes au regard de cette Histoire. Troubles sont les motivations des jeunes croates, troubles sont celles des "politiques" de Londres, troubles celles de Tito dans l'après-guerre.
A l'inverse, ce sont les petits et les sans-grade qui, confrontés à des enjeux humains, s'honorent de leurs actes ; les paysans qui sauvent des soldats allemands (des territoriaux, il est vrai), les soldats allemands (idem) qui reconnaissent l'échange de nostalgies avec ces paysans... sont tout simplement des hommes qui oublient un instant le rôle qu'ils devraient tenir.
Je rappelle que ces faits sont authentiques, et circonscrits en quelques kilomètres.
Malheureusement, et je vous renvoie là au roman, tout cela génère souvent du tragique.
D'où le titre du livre. J'y reviendrai.

jeudi 17 novembre 2011

Il est paru !!!

Aveyron Croatie, la nuit
                                                                                                                      

Villefranche-de-Rouergue (Aveyron), septembre 1943. Pendant qu’un jeune homme parisien découvre la campagne, deux jeunes Croates, Hanko et Bogdan, enrôlés de force dans la Division SS Handschar, apprennent l’horreur de leur condition. Le 17 septembre, la révolte éclate, désespérée et mystérieuse, qui fait de Villefranche, le temps de quelques heures, la première ville française libérée. Puis tout s’écroule, la répression nazie finit dans un bain de sang.
Que s’est-il passé ? Echec ? Manipulation ? Trahison ?
Soixante ans plus tard, Sylvain s’installe près de là, à la recherche de ses racines, pour comprendre la guerre qui a massacré sa famille.
Au fur et à mesure que s’éclaire l’envers de la révolte, il va peu à peu retrouver ces temps, croiser la route des deux jeunes Croates, approcher la guerre chez les humbles, avant que l’Histoire ne décerne les médailles.
Nourri d’actes et de faits authentiques, ce roman contemporain oscille entre le thriller et l’Histoire, entre l’ombre de la guerre et la lumière de cette terre.
L’auteur : Michel Poux est né en Rouergue en 1957, de racines paysannes. Il est aujourd’hui consultant en management. Aveyron Croatie, la nuit est son cinquième ouvrage, après La branloire pérenne (Elytis 2002), Week-end à Schizoland (Elytis 2005), Histoires peu ordinaires au Cap-Ferret (Elytis 2006) et Histoires peu ordinaires à Toulouse (Elytis 2008).

jeudi 10 novembre 2011

Vive la discrimination !

Notre société aime bien le mélange, la transparence et l'uniformité, vous le saviez. Et donc pourfend toute forme de discrimination.
Entendons-nous, si ladite discrimination vise à sanctionner quelqu'un au titre de ses origines, de sa race ou de sa couleur, nul esprit sensé ne saurait la défendre.
Seulement, comme affirmait Camus, à mal nommer les choses on ajoute au malheur du monde.
Discriminer signifie très précisément une fonction beaucoup plus positive, à savoir faire la part des choses, et des individualités donc, et distinguer l'originalité. Situer les capacités discriminatoires de quelqu'un, dans une évaluation professionnelle, c'est apprécier les possibilités du candidat à faire la part entre l'essentiel et l'accessoire, à mettre en oeuvre une finesse d'analyse et de jugement. C'est-à-dire à raisonner et non à résonner... donc à faire preuve d'esprit critique.
On a malheureusement vu des associations communautaristes demander que, dans les examens ou les concours, les questions de culture générale ne soient pas discriminatoires et n'attentent pas à l'inculture supposée des candidats issus de la diversité...
Au lieu d'opposer diversité et discrimination, deux mots finalement très proches sur un plan sémantique, essayons de faire confiance... La sortie des contradictions se fait toujours par le haut.