Je ne trierai pas chez Eric Zemmour ce qui relève du débat ou ce qui relève de la polémique, des idées ou de la provocation intéressée.
Je n'aime pas ses idées, mais j'entends ses propos, et je n'aime pas sa carrière de clown médiatique : ce qui connaissent EZ savent qu'il vaut mieux que ces postures surjouées.
Mais je n'aime pas non plus cette police de la pensée qui veut faire taire tout ce qui lui déplait, ou plutôt qui ne va pas dans le sens de ses intérêts. Et je ne peux que soutenir Zemmour quand il dénonce les professionnels appointés de l'indignation subventionnée.
Je réclame simplement le droit au pamphlet, le droit du bouffon ; comme pour D. Porte (que j'aime bien) ou S. Guillon (que je n'apprécie pas). Je crois au rôle du pamphlet dans un vrai débat démocratique, souvent sommaire, parfois simpliste mais caractéristique d'une idée. Je crois à la fonction sanitaire du bouffon, rappelant au souverain qui l'a fait roi. Je crois à l'utilité pratique de la caricature. A quand des plaintes au tribunal contre les caricaturistes, quand un puissant trop narcissique s'estimera mal croqué ?
Dans un temps pas si lointain, nous appréhendions la résurgence du totalitarisme, brun forcément ; d'autres le craignaient rouge. Aujourd'hui, je me demande chaque jour un peu plus s'il n'adviendra pas de façon plus insidieuse, puritaine et moralisatrice, porté par ceux qui, parés des grands principes de liberté, veulent faire taire ceux qu'ils estiment moins libertaires qu'eux-mêmes.
Et hélas c'est ainsi qu'ils donnent, doublement, raison à Zemmour...
lundi 28 mai 2012
mardi 15 mai 2012
Contre Jules Ferry
Chaque sacre républicain se place d'emblée sous des symboles, du moins lorsqu'il a des références ou des prétentions intellectuelles. François Hollande a choisi Marie Curie et Jules Ferry.
On se souvient de l'intronisation de F. Mitterrand, célébrant au Panthéon trois figures consensuelles, Jean Jaurès pour la gauche, Jean Moulin pour la France et Victor Schoelcher pour la civilisation. On peut ne pas aimer le consensus et reconnaitre ces forces de l'esprit.
F. Hollande en réfère à Marie Curie, femme, immigrée et qui a donné deux Nobel à la France. Très beau symbole, et même si le message est un peu trop politicien pour être grand il demeure chargé de sens.
Reste Jules Ferry, et avec lui ma première amertume de ce quinquennat... L'inventeur de l'école publique, gratuite et obligatoire était sans doute animé de bonnes intentions, comme celle de civiliser les "races inférieures" des colonies... Le président a pris quelques distances à ce sujet, et pour ma part je considère que le traiter de raciste ou de colonisateur un siècle et demi plus tard n'est qu'une ineptie inutile ou intéressée.
Par contre il est celui qui a tenu à éradiquer les langues régionales, au nom d'une école qui ne pouvait que devenir monolithique, massifiée, arbitraire et bourreuse de crâne. Il est l'archétype jacobin qui nous interdisait de cracher par terre et de parler patois. Il a ainsi massacré nombre de cultures et un patrimoine (plus considéré à l'étranger que dans l'hexagone) qui nous serait sans bien utile aujourd'hui et demain, mais il a encore des soutiens militants du côté de la rue de Solférino, sans compter Papa Gaino considèrant que quand on aime la France on ne ratifie pas la Charte européennes des langues régionales....
Les bonnes intentions serviront-elles un jour à autre chose qu'à paver l'enfer ? J'en doute, et en attendant notre symbole célébré demeure juste le trait d'union entre les guerres de Vendée et le paradis des travailleurs.
On se souvient de l'intronisation de F. Mitterrand, célébrant au Panthéon trois figures consensuelles, Jean Jaurès pour la gauche, Jean Moulin pour la France et Victor Schoelcher pour la civilisation. On peut ne pas aimer le consensus et reconnaitre ces forces de l'esprit.
F. Hollande en réfère à Marie Curie, femme, immigrée et qui a donné deux Nobel à la France. Très beau symbole, et même si le message est un peu trop politicien pour être grand il demeure chargé de sens.
Reste Jules Ferry, et avec lui ma première amertume de ce quinquennat... L'inventeur de l'école publique, gratuite et obligatoire était sans doute animé de bonnes intentions, comme celle de civiliser les "races inférieures" des colonies... Le président a pris quelques distances à ce sujet, et pour ma part je considère que le traiter de raciste ou de colonisateur un siècle et demi plus tard n'est qu'une ineptie inutile ou intéressée.
Par contre il est celui qui a tenu à éradiquer les langues régionales, au nom d'une école qui ne pouvait que devenir monolithique, massifiée, arbitraire et bourreuse de crâne. Il est l'archétype jacobin qui nous interdisait de cracher par terre et de parler patois. Il a ainsi massacré nombre de cultures et un patrimoine (plus considéré à l'étranger que dans l'hexagone) qui nous serait sans bien utile aujourd'hui et demain, mais il a encore des soutiens militants du côté de la rue de Solférino, sans compter Papa Gaino considèrant que quand on aime la France on ne ratifie pas la Charte européennes des langues régionales....
Les bonnes intentions serviront-elles un jour à autre chose qu'à paver l'enfer ? J'en doute, et en attendant notre symbole célébré demeure juste le trait d'union entre les guerres de Vendée et le paradis des travailleurs.
mercredi 9 mai 2012
Ite missa est...
Voilà, la messe est dite. Les présidentielles ont vécu, les législatives vont s'ensuivre. Puis le réel refera surface.
Que retenir de cette soirée ? J'ai le souvenir de la Bastille en 1981, et je n'ai rien retrouvé de l'émotion de ce soir là...
Je m'en tiendrai donc à quelques images, glanées ici ou là...
Une avant-soirée ubuesque, quand les commentateurs s'efforçaient de faire croire à un suspens que derrière eux les images anéantissaient...
Beaucoup de drapeaux sur cette place de la Bastille, qui font parler. Je ne retiendrai que l'oriflamme occitan qui flamboyait.
Des notes d'accordéon, dans la capitale française de celui-ci. Sous d'autres étiquettes on les eut jugées maurassiennes ; là elles apparurent populaires et enracinées. Plouc et ringard, selon certains, sans doute nostalgique du Fouquet's et des Rollex, à moins qu'il ne s'agisse de forcenés de la modernité à venir.
Des meutes de journalistes ont découvert la province. Les clichés ont fusé.
Et maintenant ? attendons-nous à quelques cadeaux corporatistes, à quelques alliances nauséabondes, à quelques surenchères populistes.
Allez en paix. La campagne continue.
Que retenir de cette soirée ? J'ai le souvenir de la Bastille en 1981, et je n'ai rien retrouvé de l'émotion de ce soir là...
Je m'en tiendrai donc à quelques images, glanées ici ou là...
Une avant-soirée ubuesque, quand les commentateurs s'efforçaient de faire croire à un suspens que derrière eux les images anéantissaient...
Beaucoup de drapeaux sur cette place de la Bastille, qui font parler. Je ne retiendrai que l'oriflamme occitan qui flamboyait.
Des notes d'accordéon, dans la capitale française de celui-ci. Sous d'autres étiquettes on les eut jugées maurassiennes ; là elles apparurent populaires et enracinées. Plouc et ringard, selon certains, sans doute nostalgique du Fouquet's et des Rollex, à moins qu'il ne s'agisse de forcenés de la modernité à venir.
Des meutes de journalistes ont découvert la province. Les clichés ont fusé.
Et maintenant ? attendons-nous à quelques cadeaux corporatistes, à quelques alliances nauséabondes, à quelques surenchères populistes.
Allez en paix. La campagne continue.
jeudi 3 mai 2012
Moche caviar
L'évènement de ce jour serait, parait-il, le débat entre postulants à la magistrature dite suprême... Gageons que l'on n'y parlera guère de culture.
Tout esprit sain, c'est-à-dire qui n'a pas cru lesdits candidats, sait bien que l'état de ce pays a renvoyé tout débat sur la culture dans les abysses des priorités. Que le temps est loin où l'on visait 1% du Budget. Que l'heure n'est plus de choisir entre Paris ou la province, entre le patrimoine ou la création... quand un internet gratuit et intersidéral arrive comme point d'orgue de la société de consommation.
Des choses s'imposent d'elles-même, comme la réforme du régime des intermittents, ou celle d'une administration coûteuse et qui ne fait même plus rire. Mais cela n'arrangera pas grand-chose.
On se consolera en saluant la fin d'une ère, celle des Roujon-Macquart, de Roland Barthez ou de Zadig et Voltaire... Ce n'est pas rien.
Nous aurons un nouveau ministre. J'ai établi dans ma carrière assez de profils de poste pour connaitre la complexité de celui relatif à cette fonction, sans compter les critères d'une autre nature, lobbyiste ou communautaire. Mais en lisant les noms qui circulent, l'épouvante me saisit... Entre caciques du PS, chevaux de retour ou avant-garde parisienne autoproclamée, le risque est grand de voir sombrer ce qu'il restait de crédibilité au poste...
En attendant, caviar pour tout le monde.
Tout esprit sain, c'est-à-dire qui n'a pas cru lesdits candidats, sait bien que l'état de ce pays a renvoyé tout débat sur la culture dans les abysses des priorités. Que le temps est loin où l'on visait 1% du Budget. Que l'heure n'est plus de choisir entre Paris ou la province, entre le patrimoine ou la création... quand un internet gratuit et intersidéral arrive comme point d'orgue de la société de consommation.
Des choses s'imposent d'elles-même, comme la réforme du régime des intermittents, ou celle d'une administration coûteuse et qui ne fait même plus rire. Mais cela n'arrangera pas grand-chose.
On se consolera en saluant la fin d'une ère, celle des Roujon-Macquart, de Roland Barthez ou de Zadig et Voltaire... Ce n'est pas rien.
Nous aurons un nouveau ministre. J'ai établi dans ma carrière assez de profils de poste pour connaitre la complexité de celui relatif à cette fonction, sans compter les critères d'une autre nature, lobbyiste ou communautaire. Mais en lisant les noms qui circulent, l'épouvante me saisit... Entre caciques du PS, chevaux de retour ou avant-garde parisienne autoproclamée, le risque est grand de voir sombrer ce qu'il restait de crédibilité au poste...
En attendant, caviar pour tout le monde.
vendredi 27 avril 2012
Vous reprendrez bien un peu de soufre ?
Le Nouvel Observateur du 26 Avril traite d'un thème en passe de devenir un "marronnier" : "Faut-il tout rééditer des collabos ?".
Loin de moi l'envie de vouloir répondre à la question d'une façon définitive, car celle-ci me semble aussi secondaire que complexe. Parle t-on des hommes? des écrivains ? de l'Histoire ? du pouvoir ? Chacun ayant la tentation de réécrire ladite Histoire, le sujet risque d'être fort biaisé.
On constate le retour en grâce de quelques plumes qui, il y a peu, sentaient le soufre. Mode ? Phénomène de balancier ? Retour d'une objectivité ? Déliquescence idéologique ? Sans doute un peu de tout cela.
Sur un plan littéraire, j'ai eu l'occasion d'écrire sur ce blog l'intérêt que je porte au génie de Céline ; Morand et Brasillach m'impressionnent ; Jouhandeau finit par me lasser ; Chardonne me laisse froid et Drieu me tombe des mains.
Un quart de siècle comme praticien psy m'ont prouvé qu'il ne sert à rien de masquer, et que le retour du refoulé opère toujours. D'autre part, il est des pages talentueuses qu'on gagne à lire... à condition de les trouver. On objectera que des esprits faibles peuvent en faire une mauvaise lecture. Certes, mais ceux-là ont-ils besoin de savoir "lire" (peu le peuvent) pour faire le mal ? Je rappelle au passage que je réside entre Montauban et Toulouse...
On comprendra que je suis favorable à ces rééditions, et ce sans illusion ni naïveté, simplement parce que cela a été.
Mais aujourd'hui, pour répondre à la question de l'intérêt de ces livres, la balle est dans le camp des juristes... Après tout, beaucoup veulent que l'Etat rédige les livres d'histoire, et on a fait des lois mémorielles pour cela. Pourquoi alors le droit ne déciderait-il pas de la valeur d'une oeuvre et de l'intérêt de la rééditer ? Intérêt semble d'ailleurs le terme qui convient... Nos grands éditeurs se pincent ostensiblement le nez, tout en préparant la publication des trésors qui finissent d'affiner dans les tiroirs. On apprécie le risque face à un tribunal, on pèse ce qui peut s'avérer coûteux, on évalue combien a contrario une polémique pourrait rapporter...
Dans ce bal des faux-culs, on se demande ce que les sulfureux impétrants évoqués plus haut auraient pu écrire. Et on n'aura qu'un regret, celui de ne pouvoir, justice oblige, appliquer quelques formules céliniennes, par exemple, aux personnages qui entendent gouverner nos esprits.
Loin de moi l'envie de vouloir répondre à la question d'une façon définitive, car celle-ci me semble aussi secondaire que complexe. Parle t-on des hommes? des écrivains ? de l'Histoire ? du pouvoir ? Chacun ayant la tentation de réécrire ladite Histoire, le sujet risque d'être fort biaisé.
On constate le retour en grâce de quelques plumes qui, il y a peu, sentaient le soufre. Mode ? Phénomène de balancier ? Retour d'une objectivité ? Déliquescence idéologique ? Sans doute un peu de tout cela.
Sur un plan littéraire, j'ai eu l'occasion d'écrire sur ce blog l'intérêt que je porte au génie de Céline ; Morand et Brasillach m'impressionnent ; Jouhandeau finit par me lasser ; Chardonne me laisse froid et Drieu me tombe des mains.
Un quart de siècle comme praticien psy m'ont prouvé qu'il ne sert à rien de masquer, et que le retour du refoulé opère toujours. D'autre part, il est des pages talentueuses qu'on gagne à lire... à condition de les trouver. On objectera que des esprits faibles peuvent en faire une mauvaise lecture. Certes, mais ceux-là ont-ils besoin de savoir "lire" (peu le peuvent) pour faire le mal ? Je rappelle au passage que je réside entre Montauban et Toulouse...
On comprendra que je suis favorable à ces rééditions, et ce sans illusion ni naïveté, simplement parce que cela a été.
Mais aujourd'hui, pour répondre à la question de l'intérêt de ces livres, la balle est dans le camp des juristes... Après tout, beaucoup veulent que l'Etat rédige les livres d'histoire, et on a fait des lois mémorielles pour cela. Pourquoi alors le droit ne déciderait-il pas de la valeur d'une oeuvre et de l'intérêt de la rééditer ? Intérêt semble d'ailleurs le terme qui convient... Nos grands éditeurs se pincent ostensiblement le nez, tout en préparant la publication des trésors qui finissent d'affiner dans les tiroirs. On apprécie le risque face à un tribunal, on pèse ce qui peut s'avérer coûteux, on évalue combien a contrario une polémique pourrait rapporter...
Dans ce bal des faux-culs, on se demande ce que les sulfureux impétrants évoqués plus haut auraient pu écrire. Et on n'aura qu'un regret, celui de ne pouvoir, justice oblige, appliquer quelques formules céliniennes, par exemple, aux personnages qui entendent gouverner nos esprits.
jeudi 12 avril 2012
Le Pays de Cocagne, enfin !
Non, je ne parle pas des résultats des prochaines élections...
Mais de la parution fin Mai, chez Elytis et dans la collection "Passeport", du "Passeport pour le Pays de Cocagne", co-signé Michel Poux pour les textes et Anne-Marie Rantet-Poux pour les photos.
Des photos du Pays de Cocagne ? Mais oui, et en couleur. Car si le mythe de Cocagne nous accompagne nimbé de l'aura de Pantagruel, il est aussi le fruit d'une histoire que les sudistes français savent bien, celle du pays du pastel, sur les terres du Languedoc historique des comtes de Toulouse... Un siècle d'abondance qui a laissé bien des bijoux architecturaux.
Et c'est ainsi que ce Passeport pour le Pays de Cocagne est sous-titré "De l'âge d'or du pastel au patrimoine d'aujourd'hui"...
Mais nous en reparlerons.
Mais de la parution fin Mai, chez Elytis et dans la collection "Passeport", du "Passeport pour le Pays de Cocagne", co-signé Michel Poux pour les textes et Anne-Marie Rantet-Poux pour les photos.
Des photos du Pays de Cocagne ? Mais oui, et en couleur. Car si le mythe de Cocagne nous accompagne nimbé de l'aura de Pantagruel, il est aussi le fruit d'une histoire que les sudistes français savent bien, celle du pays du pastel, sur les terres du Languedoc historique des comtes de Toulouse... Un siècle d'abondance qui a laissé bien des bijoux architecturaux.
Et c'est ainsi que ce Passeport pour le Pays de Cocagne est sous-titré "De l'âge d'or du pastel au patrimoine d'aujourd'hui"...
Mais nous en reparlerons.
jeudi 5 avril 2012
Elections, monarchie et assassinat
Il arrive que l'actualité, quand le sang et les larmes s'y comptent avec un peu moins d'intensité, devienne une morne plaine. En ce qui me concerne, entre dédicaces '"Aveyron Croatie, la nuit", préparation de "Passeport pour le Pays de Cocagne" et autres manifestations, l'ennui m'épargne. Mais la vacuité du moment me désole.
Je trouve le temps de signaler le dernier livre de Philippe Grimbert "Freud au quotidien" (Grasset), où son témoignage de psychanalyste freudien fait plaisir à lire, en réponse à tous les "Livre noir de la psychanalyse" et autres... Il rive son clou à Michel Onfray. Mais pourquoi parler de M. Onfray ?
C'est donc l'actualité politique ou plutôt électorale qui tient le haut (?) du pavé. J'entamais mon propos en évoquant une image de morne plaine, ce qui me fait penser à Waterloo. Et Waterloo me fait penser à Sthendal, dont on connait la formule : "Le meilleur régime politique est la monarchie absolue tempérée par l'assassinat"...Un programme qui finira par en valoir bien d'autres !
Je trouve le temps de signaler le dernier livre de Philippe Grimbert "Freud au quotidien" (Grasset), où son témoignage de psychanalyste freudien fait plaisir à lire, en réponse à tous les "Livre noir de la psychanalyse" et autres... Il rive son clou à Michel Onfray. Mais pourquoi parler de M. Onfray ?
C'est donc l'actualité politique ou plutôt électorale qui tient le haut (?) du pavé. J'entamais mon propos en évoquant une image de morne plaine, ce qui me fait penser à Waterloo. Et Waterloo me fait penser à Sthendal, dont on connait la formule : "Le meilleur régime politique est la monarchie absolue tempérée par l'assassinat"...Un programme qui finira par en valoir bien d'autres !
mardi 13 mars 2012
Aveyron Croatie, la nuit : quelques dates
Première information, qui n'a rien à voir : mon prochain titre (avec Anne-Marie Rantet-Poux pour les photos) paraitra chez Elytis le ... 31 Mai. Vous en saurez bientôt davantage.
En attendant, Aveyron Croatie, la nuit occupe largement l'auteur de ces lignes, qui en poursuit la promotion.
Vous pourrez ainsi me retrouver près de Villefranche de Rouergue, les 21 et 22 Juillet, au salon du livre de Lafouillade.
Notez également la prochaine séance de dédicace sur TOULOUSE :
Samedi 28 Avril
à partir de 14 heures
CULTURA Labège
En attendant, Aveyron Croatie, la nuit occupe largement l'auteur de ces lignes, qui en poursuit la promotion.
Vous pourrez ainsi me retrouver près de Villefranche de Rouergue, les 21 et 22 Juillet, au salon du livre de Lafouillade.
Notez également la prochaine séance de dédicace sur TOULOUSE :
Samedi 28 Avril
à partir de 14 heures
CULTURA Labège
jeudi 8 mars 2012
Droits et coups tordus
Tout le monde connait les problèmes rencontrés, dans l'industrie musicale notamment, par les auteurs et leurs droits.
Chacun sait que les évolutions technologiques rendent très aléatoires les différentes protections envisagées, hadopitreries de toute nature.
Nul n'ignore la perversité qui anime certains, derrière la dénonciation de profits ou le droit à la culture.
Mais cette fois, c'est la littérature qui offre une illustration sidérante de tartufferie d'un mépris de l'auteur, au profit d'une curieuse morale consumériste, sonnante et trébuchante.
La Bibliothèque nationale de France numérise, entre autres, de nombreux livres anciens ou épuisés, avant de céder les droits numériques des oeuvres à une de ces sociétés officielles qui régissent l'exploitation desdites oeuvres. Certes les ayant-droits ont 6 mois pour s'opposer, s'ils sont au courant. Sachant que peu le sauront, et que généralement les éditeurs initiaux ont disparu depuis longtemps, on comprendra qu'il s'agit là d'une somptueuse captation de propriété, qui profitera à quelques éditeurs contemporains et à quelques administrateurs. Le tout, bien sûr, au nom de la diffusion de la culture.
Derrière les copinages connus et les gros sous, on notera sans rire que l'origine de la manip vient des mêmes... qui ont voté la loi Hadopi au nom de la défense des auteurs ! On pourra regretter que tout cela se fasse avec les moyens de services publics pourtant prompts à donner des leçons de morale.
Mais, surtout, quelle est cette époque où l'auteur et ses droits doivent s'effacer derrière le consommateur et les siens ? Magnifique inversion des mérites ! Des crépuscules s'annoncent...
Chacun sait que les évolutions technologiques rendent très aléatoires les différentes protections envisagées, hadopitreries de toute nature.
Nul n'ignore la perversité qui anime certains, derrière la dénonciation de profits ou le droit à la culture.
Mais cette fois, c'est la littérature qui offre une illustration sidérante de tartufferie d'un mépris de l'auteur, au profit d'une curieuse morale consumériste, sonnante et trébuchante.
La Bibliothèque nationale de France numérise, entre autres, de nombreux livres anciens ou épuisés, avant de céder les droits numériques des oeuvres à une de ces sociétés officielles qui régissent l'exploitation desdites oeuvres. Certes les ayant-droits ont 6 mois pour s'opposer, s'ils sont au courant. Sachant que peu le sauront, et que généralement les éditeurs initiaux ont disparu depuis longtemps, on comprendra qu'il s'agit là d'une somptueuse captation de propriété, qui profitera à quelques éditeurs contemporains et à quelques administrateurs. Le tout, bien sûr, au nom de la diffusion de la culture.
Derrière les copinages connus et les gros sous, on notera sans rire que l'origine de la manip vient des mêmes... qui ont voté la loi Hadopi au nom de la défense des auteurs ! On pourra regretter que tout cela se fasse avec les moyens de services publics pourtant prompts à donner des leçons de morale.
Mais, surtout, quelle est cette époque où l'auteur et ses droits doivent s'effacer derrière le consommateur et les siens ? Magnifique inversion des mérites ! Des crépuscules s'annoncent...
mercredi 22 février 2012
Tillinac, hussard sur le Toi
D. Tillinac est trop agaçant pour que cela n'illustre un certain talent. On connait son côté ronchon, provincial réac ou post-adolescent rebelle à ses contemporains. Son ouvrage à paraitre (Considérations inactuelles, Plon) se veut une lettre aux jeunes d'aujourd'hui.
Certes, il est surprenant de voir D. T. jouer les grand-pères, lui dont la maturité est demeurée très épidermique. Certes, il n'y a parfois rien d'exceptionnel dans certains propos, banalement de droite, anti-Mai 68, anti-psychanalyse, anti-contre-culture, contre les "utopies fanées et infantiles, recyclées en un mélange peu ragoûtant d'hédonisme, de scepticisme et de cynisme". Encore est-il sans doute utile de le dire, même en enveloppant le tout dans un "politiquement correct" bien commode à fustiger.
Certes, ses coups de gueule fleurent souvent une amertume triste d'enfant désabusé. Mais le bougre sait écrire, et sa plume d'une élégante rugosité tranche avec l'époque ; et son discours porte une générosité devenu rare. Si quelques injonctions sonnent parfois comme des slogans : "Sois inactuel et n'écoute personne", "Sois le condottiere de tes désirs, pas leur délégué syndical", ou l'admirable "Les lendemains qui chantent ne savent que des airs militaires", d'autres valent bénédiction : "Edifie ton intériorité comme on construit une vraie maison de pierre. D'abord les murs et le toit (la frontière). Puis la cave (l'inconscient) et le grenier (la mémoire). L'agencement des pièces est secondaire ; la décoration superfétatoire."
Il reste du hussard chez cet homme là, provincial et réac.
Certes, il est surprenant de voir D. T. jouer les grand-pères, lui dont la maturité est demeurée très épidermique. Certes, il n'y a parfois rien d'exceptionnel dans certains propos, banalement de droite, anti-Mai 68, anti-psychanalyse, anti-contre-culture, contre les "utopies fanées et infantiles, recyclées en un mélange peu ragoûtant d'hédonisme, de scepticisme et de cynisme". Encore est-il sans doute utile de le dire, même en enveloppant le tout dans un "politiquement correct" bien commode à fustiger.
Certes, ses coups de gueule fleurent souvent une amertume triste d'enfant désabusé. Mais le bougre sait écrire, et sa plume d'une élégante rugosité tranche avec l'époque ; et son discours porte une générosité devenu rare. Si quelques injonctions sonnent parfois comme des slogans : "Sois inactuel et n'écoute personne", "Sois le condottiere de tes désirs, pas leur délégué syndical", ou l'admirable "Les lendemains qui chantent ne savent que des airs militaires", d'autres valent bénédiction : "Edifie ton intériorité comme on construit une vraie maison de pierre. D'abord les murs et le toit (la frontière). Puis la cave (l'inconscient) et le grenier (la mémoire). L'agencement des pièces est secondaire ; la décoration superfétatoire."
Il reste du hussard chez cet homme là, provincial et réac.
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