Ce blog a désormais deux ans...
Merci à tous ceux qui lui ont accordé un intérêt, merci à ceux qui ont pris le temps d'écrire un message ou d'établir un contact, notamment depuis la parution d'"Aveyron Croatie, la nuit" (L'Harmattan)et de "Passeport pour le Pays de Cocagne" (Elytis).
En attendant la prochaine maquette, ce blog continuera à exsuder mes humeurs, à un rythme que dictera la vie qui va...
Je vous entretiendrai bientôt de mes projets, ou plutôt de mes travaux en cours.
Et encore merci à tous !
mardi 26 mars 2013
vendredi 8 mars 2013
Ministère de la langue pendante
Découvert récemment (N.Obs du 28 Février) sous la plume de J. Garcin, quelques unes des activités du Ministère de la Culture en faveur de la langue française. On aura donc, du 16 au 23 Mars, une semaine de la langue française.
On nous y affirmera donc l'attrait de celle-ci vis-à-vis du reste de la planète : il est des mots français qui passent dans d'autres langues, figurez-vous (l'inverse on le savait déjà)... Cela dit, je n'ai aucune prévention contre ces manifestations de promotion, de la langue française, de la francophonie, tout ça ; je ne sais pas si c'est utile (je veux dire : en dehors de l'intérêt pour les fonctionnaires eux-mêmes) mais j'aimerai que ce le soit.
Mais, de grâce, que ne pourrait-on en l'occurrence éviter la caricature verbeuse ! Que l'on n'ait guère plus que la promotion du slam pour faire moderne et vendre le français situe déjà bien le niveau de réflexion et de créativité des maitres d'ouvrage de ce barnum, alors évitons les slogans ineptes ("Dis-moi dix mots semés au loin"), les expressions atterrantes sur "les contrées langagières inattendues", "véhiculées" par une langue "globalement en expansion", et les assertions triomphalistes sur un français conquérant. Ceux qui savent la richesse du français n'ont pas besoin que l'Etat le leur rappelle, surtout dans cette nov-langue, quant aux autres il serait plus opportun de commencer par l'orthographe.
Revenu de ce gloubi-boulga, aux airs de bouffée soixante-huitarde que se serait approprié un éducateur social contemporain sous additif, on retrouvera la nécessité de ce qu'on nommait alors "le dépérissement de l'Etat"...
On nous y affirmera donc l'attrait de celle-ci vis-à-vis du reste de la planète : il est des mots français qui passent dans d'autres langues, figurez-vous (l'inverse on le savait déjà)... Cela dit, je n'ai aucune prévention contre ces manifestations de promotion, de la langue française, de la francophonie, tout ça ; je ne sais pas si c'est utile (je veux dire : en dehors de l'intérêt pour les fonctionnaires eux-mêmes) mais j'aimerai que ce le soit.
Mais, de grâce, que ne pourrait-on en l'occurrence éviter la caricature verbeuse ! Que l'on n'ait guère plus que la promotion du slam pour faire moderne et vendre le français situe déjà bien le niveau de réflexion et de créativité des maitres d'ouvrage de ce barnum, alors évitons les slogans ineptes ("Dis-moi dix mots semés au loin"), les expressions atterrantes sur "les contrées langagières inattendues", "véhiculées" par une langue "globalement en expansion", et les assertions triomphalistes sur un français conquérant. Ceux qui savent la richesse du français n'ont pas besoin que l'Etat le leur rappelle, surtout dans cette nov-langue, quant aux autres il serait plus opportun de commencer par l'orthographe.
Revenu de ce gloubi-boulga, aux airs de bouffée soixante-huitarde que se serait approprié un éducateur social contemporain sous additif, on retrouvera la nécessité de ce qu'on nommait alors "le dépérissement de l'Etat"...
jeudi 28 février 2013
Jean-Claude Carrière, paysan d'oc
L'actualité, océan aux flots sans cesse renaissants, nous livre simultanément deux films de qualité : "Syngué Sabour-Pierre de patience" (A. Rahimi) et "L'artiste et son modèle"(F. Trueba), qui ont en commun non seulement une critique unanime, mais encore (ceci expliquant peut-être cela) le même scénariste, Jean-Claude Carrière.
Longtemps, comme tout un chacun, j'ai connu l'auteur prolifique qui alignait collaborations avec les plus grands (Etaix, Bunuel, Schlöndorff, Rappeneau, Haneke...) pour des titres d'anthologie, et oeuvres de haute volée (Le Maharabhata, La controverse de Valladolid...). Jusqu'au jour où j'ai "rencontré" JC Carrière dans un livre de second plan, dans sa bibliographie : Le vin bourru.
Cette autobiographie de sa jeunesse à Colombières-sur-Orb (Aude), entre vignes et châtaigniers, ne pouvait certes que me toucher, trop proche de la mienne. Mais ce fût une réelle émotion, et il fallait sans doute beaucoup de talent à l'auteur pour que ses mots éveillent bien plus qu'une nostalgie plus ou moins folkloriste ; ainsi quand il évoque son incapacité, aujourd'hui encore, à quitter une pièce sans en éteindre la lumière : tous les petits paysans du monde d'avant comprendront ce qu'il en est.
Jean-Claude Carrière a tutoyé les vrais étoiles du monde présent ; je me souviens de l'article d'un hebdomadaire relatant son interview du dalaï-lama, et disant en substance :"Ce n'est pas la première fois qu'un interviewer apparait plus intelligent que l'interviewé, mais à ce niveau de pensée c'est rare." Il a rencontré bien des civilisations, indienne, mexicaine, maya, thibétaine, iranienne, et d'autres... A chaque fois pourtant j'entends la petite note du paysan occitan qu'il fut, qu'il est encore, au pied des murs de pierre sèche qu'il aime tant édifier...
Un cinéaste mexicain a récemment réalisé à son propos un documentaire intitulé "Carrière, 250 mètres", allusion à la distance qui, à Colombières, sépare maison natale et cimetière. Saisissant parcours. Mais 250 mètres, c'est sans doute à vol d'oiseau...
mardi 12 février 2013
Livres en live 2013 - Cultura
Le réseau Cultura organise du 20 février au 17 Mars une opération "Livres en live 2013", en partenariat avec quelques éditeurs, dont Elytis.
Je dédicacerai donc :
CULTURA BALMA (31)
Samedi 23 Février 2013
à partir de 14 heures
L'occasion de nous y rencontrer ?
Je dédicacerai donc :
CULTURA BALMA (31)
Samedi 23 Février 2013
à partir de 14 heures
L'occasion de nous y rencontrer ?
mardi 5 février 2013
Leo Malet, insoumis
Vu l'autre jour, sur la chaine Histoire, une longue interview de Leo Malet, l'auteur, notamment, de Nestor Burma. Je ne connaissais pas vraiment LM, les adaptations télévisées de son détective m'en ayant écarté ! J'avoue donc avoir été séduit, dans ce vieil entretien (il est décédé en 1996) par ce personnage, ancien chansonnier surréaliste que les soucis alimentaires ont conduit vers une littérature plus populaire; coincé dans un bureau-cagibi aux étagères croulant sous les vieux livres, allumant et rallumant sa pipe (horresco referens), revenu de bien des choses et un peu amer, mais radieux dans l'évocation de sa jeunesse.
La jeunesse anarchiste passera ("Si on n'est pas anarchiste à 16 ans c'est qu'on n'a pas de coeur, si on l'est à 40 ans c'est qu'on n'a pas de tête"), au profit de la rencontre avec les surréalistes. Une passade trotskyste, et la guerre vint. Son métier de crieur de journaux devenant de plus en plus incertain et ses écrits demeurant confidentiels, il obtint des commandes de polar, qu'il convenait de signer de pseudonymes anglo-saxons. Puis ce fut Nestor Burma.
Même si ses relations de jeunesse lui procurèrent des pièces d'une bonne valeur marchande, il finit dans une modeste HLM, en tenant parfois des propos fort éloignés de ses idées de jeunesse mais qui demeuraient ceux d'un insoumis.
Il y avait, chez le vieux monsieur qui s'épanchait face à la camera, un peu de l'intelligence du XXème siècle...
La jeunesse anarchiste passera ("Si on n'est pas anarchiste à 16 ans c'est qu'on n'a pas de coeur, si on l'est à 40 ans c'est qu'on n'a pas de tête"), au profit de la rencontre avec les surréalistes. Une passade trotskyste, et la guerre vint. Son métier de crieur de journaux devenant de plus en plus incertain et ses écrits demeurant confidentiels, il obtint des commandes de polar, qu'il convenait de signer de pseudonymes anglo-saxons. Puis ce fut Nestor Burma.
Même si ses relations de jeunesse lui procurèrent des pièces d'une bonne valeur marchande, il finit dans une modeste HLM, en tenant parfois des propos fort éloignés de ses idées de jeunesse mais qui demeuraient ceux d'un insoumis.
Il y avait, chez le vieux monsieur qui s'épanchait face à la camera, un peu de l'intelligence du XXème siècle...
dimanche 3 février 2013
Chamson le bandit
Le hasard de mes lectures en Janvier m'a ramené à André Chamson. Peut-être pas seulement le hasard, mais j'en dirai davantage le moment venu.
Un peu passé de mode (tendre euphémisme) l'auteur cévenol appartient à la race de ceux (Giono, Carrière,...) qui ont puisé dans leurs racines une humanité et un message universels. Le style, la langue d'oc originelle, le protestantisme, les Cévennes, la nature... Loin d'être "régionaliste", le récit porte en lui une identité sûre et ouverte. "Roux le bandit", par exemple, vaut toutes les objurgations pseudo-militantes et, à défaut d'une happy end, atteint des hauteurs.
Si la littérature est faite pour charrier une bonne part de l'histoire des hommes, et surtout pas des idées à la mode, alors André Chamson est un grand écrivain. Et même sur des thèmes proches, pardonnez ce sursaut d'humeur, on est ici loin de Le Clezio.
Mais nous reparlerons bientôt d'André Chamson.
Un peu passé de mode (tendre euphémisme) l'auteur cévenol appartient à la race de ceux (Giono, Carrière,...) qui ont puisé dans leurs racines une humanité et un message universels. Le style, la langue d'oc originelle, le protestantisme, les Cévennes, la nature... Loin d'être "régionaliste", le récit porte en lui une identité sûre et ouverte. "Roux le bandit", par exemple, vaut toutes les objurgations pseudo-militantes et, à défaut d'une happy end, atteint des hauteurs.
Si la littérature est faite pour charrier une bonne part de l'histoire des hommes, et surtout pas des idées à la mode, alors André Chamson est un grand écrivain. Et même sur des thèmes proches, pardonnez ce sursaut d'humeur, on est ici loin de Le Clezio.
Mais nous reparlerons bientôt d'André Chamson.
mercredi 9 janvier 2013
Contribution(s)
Bien, nous voici donc au 9 Janvier, et je vous laisse le choix de mon propos :
- premier choix, je vous présente mes voeux : comme tout le monde, je vous souhaiterez que tombe sur vous tout ce qu'un contemporain peut espérer, et je terminerai par le traditionnel "et surtout la santé". Dans ce cas, tapez 1 à côté du clavier.
- deuxième choix, nous évoquons Gérard Depardieu. Non pas que le carnaval qu'il nous offre mérite grande considération, mais le panache de GD a conservé quelque chose de Cyrano. Vouloir alléger ses impôts en s'écartant de son pays me parait sans doute assez trivial, voire critiquable, et faire l'éloge de Poutine ne vaut pas davantage, mais vouloir tranformer notre héros en petit margoulin m'agace un peu... Voilà un homme, fils d'analphabète, qui a quitté l'école à 14 ans (oui l'école, notre belle éducation nationale que le monde entier est sensé nous envier), qui a assez d'humanité pour éviter la délinquance, qui accède tout seul à une certaine forme de génie, dont la formation supérieure ne coûte pas un centime au pays, et qui rapporte en devises audit pays bien plus que lui-même n'économisera d'impôts jusqu'à la fin de ses jours, voilà donc l'homme que l'on cloue au pilori de la bien-pensance fiscalo-citoyenne... On entend même un ministre asséner que sans la politique publique en faveur du cinéma français Depardieu ne serait rien : comme quoi une connerie, même de gauche, reste bien une connerie...
On feint de croire que les motivations de GD sont purement fiscales ; je me permets le sentiment personnel que GD est moins cynique que désabusé... Infliger une morale de "solidarité" à un autodidacte qui s'en est sorti seul mérite un minimum de pudeur. J'avais écrit dans La branloire pérenne (Elytis 2002) sur "les leçons de vertu données par des impuissants...". Il m'arrive souvent d'être fier de la formule. Car si tous ceux qui veulent la peau de Depardieu avaient prouvé leur efficacité, la France n'en serait sans doute pas ni endettée à 91% du PIB, ni à ponctionner à 75% ceux qui réussissent, quand les pays voisins déroulent le tapis rouge. N'aimeront-on les modestes qu'à la condition qu'il le restent?
Que ceux, qu'on a connu mieux inspirés, qui ricanent grassement sur le physique de l'acteur (procédé qu'on croyait traditionnellement réservé à l'extrême droite) se souviennent des oeuvres théâtrales de Depardieu. La culture française y a davantage gagné qu'à travers les éditos de Libé.
Sur ce, meilleurs voeux à vous tous.
- premier choix, je vous présente mes voeux : comme tout le monde, je vous souhaiterez que tombe sur vous tout ce qu'un contemporain peut espérer, et je terminerai par le traditionnel "et surtout la santé". Dans ce cas, tapez 1 à côté du clavier.
- deuxième choix, nous évoquons Gérard Depardieu. Non pas que le carnaval qu'il nous offre mérite grande considération, mais le panache de GD a conservé quelque chose de Cyrano. Vouloir alléger ses impôts en s'écartant de son pays me parait sans doute assez trivial, voire critiquable, et faire l'éloge de Poutine ne vaut pas davantage, mais vouloir tranformer notre héros en petit margoulin m'agace un peu... Voilà un homme, fils d'analphabète, qui a quitté l'école à 14 ans (oui l'école, notre belle éducation nationale que le monde entier est sensé nous envier), qui a assez d'humanité pour éviter la délinquance, qui accède tout seul à une certaine forme de génie, dont la formation supérieure ne coûte pas un centime au pays, et qui rapporte en devises audit pays bien plus que lui-même n'économisera d'impôts jusqu'à la fin de ses jours, voilà donc l'homme que l'on cloue au pilori de la bien-pensance fiscalo-citoyenne... On entend même un ministre asséner que sans la politique publique en faveur du cinéma français Depardieu ne serait rien : comme quoi une connerie, même de gauche, reste bien une connerie...
On feint de croire que les motivations de GD sont purement fiscales ; je me permets le sentiment personnel que GD est moins cynique que désabusé... Infliger une morale de "solidarité" à un autodidacte qui s'en est sorti seul mérite un minimum de pudeur. J'avais écrit dans La branloire pérenne (Elytis 2002) sur "les leçons de vertu données par des impuissants...". Il m'arrive souvent d'être fier de la formule. Car si tous ceux qui veulent la peau de Depardieu avaient prouvé leur efficacité, la France n'en serait sans doute pas ni endettée à 91% du PIB, ni à ponctionner à 75% ceux qui réussissent, quand les pays voisins déroulent le tapis rouge. N'aimeront-on les modestes qu'à la condition qu'il le restent?
Que ceux, qu'on a connu mieux inspirés, qui ricanent grassement sur le physique de l'acteur (procédé qu'on croyait traditionnellement réservé à l'extrême droite) se souviennent des oeuvres théâtrales de Depardieu. La culture française y a davantage gagné qu'à travers les éditos de Libé.
Sur ce, meilleurs voeux à vous tous.
dimanche 9 décembre 2012
Pays perdu, terre gardée.
Je ne sais si les remake, surtout littéraires, méritent qu'on ait un avis définitif sur eux, mais je profite de ce que Jérôme Garcin, dans le dernier n° du N.O. évoque "Pays éperdu", de Bernard Janin, pour me rappeler ma découverte du "Pays perdu" de Pierre Jourde, paru en 2003 (L'esprit des péninsules). Oublions les postulats parfois moralisateurs du personnage Jourde, parmi lesquels il conviendrait sans doute de trier, mais saluons le livre ; il immerge le lecteur dans un univers âpre, celui d'un hameau du Cantal, dont l'auteur (revenu de la ville le temps d'un enterrement) dépeint avec rudesse ce que la modernité nomme tares : "Alcool, Hiver, Merde, Solitude", d'après Jourde, "image crasseuse, adultérine, éthylique et paléolithique" selon Garcin. On sait que Jourde échappa de peu à la lapidation lorsqu'il revint à Lussaud une fois le livre paru.
Pierre Jourde fait partie de ces auteurs contemporains, de moins en moins nombreux, qui ne font pas des livres mais de la littérature, avec le style et l'exigence, de fond et de forme, que cela suppose. Quant à "Pays perdu", il ne se raconte pas, il se lit.
J. Garcin affirme avec justesse que ce livre est "un grand et beau texte sur l'esprit des lieux dont nul ne voulut alors comprendre que Pierre Jourde y exprimait son ombrageuse fidélité à un pays lointain d'une noire beauté où sa famille habite depuis trois siècles"...
Avouerai-je que si ce livre me toucha, c'est aussi parce que mon Rouergue paysan natal était plus que cousin avec ces cantalous hors d'âge ? Moins "taré", certes, mais peut-être prêt à devenir glauque si l'on avait fouillé la vase. Oserai-je dire aujourd'hui que les turpitudes crado-névrotiques de ces primates (selon les normes actuelles) ne me paraissent pas pires que certains effets de la doxa de ce début de siècle ?
Mais peu importe, et lisez "Pays perdu".
Pierre Jourde fait partie de ces auteurs contemporains, de moins en moins nombreux, qui ne font pas des livres mais de la littérature, avec le style et l'exigence, de fond et de forme, que cela suppose. Quant à "Pays perdu", il ne se raconte pas, il se lit.
J. Garcin affirme avec justesse que ce livre est "un grand et beau texte sur l'esprit des lieux dont nul ne voulut alors comprendre que Pierre Jourde y exprimait son ombrageuse fidélité à un pays lointain d'une noire beauté où sa famille habite depuis trois siècles"...
Avouerai-je que si ce livre me toucha, c'est aussi parce que mon Rouergue paysan natal était plus que cousin avec ces cantalous hors d'âge ? Moins "taré", certes, mais peut-être prêt à devenir glauque si l'on avait fouillé la vase. Oserai-je dire aujourd'hui que les turpitudes crado-névrotiques de ces primates (selon les normes actuelles) ne me paraissent pas pires que certains effets de la doxa de ce début de siècle ?
Mais peu importe, et lisez "Pays perdu".
dimanche 11 novembre 2012
Eloge littéraire du verre d'eau dans la tempête
Ami lecteur, ne sens-tu pas cette odeur de soufre qui émane de mes doigts sur le clavier ? C'est que je viens de reposer cet immonde brûlot de Richard Millet, dont on parla tant naguère...
Faut-il que notre époque s'ennuie, ou qu'un vide de sens menace, pour en être parvenus à de tels cris d'orfraie,à propos de ce qui aurait pu être un simple éditorial engagé, s'il n'y avait eu en sus le talent de Millet, et bien sûr ce malheureux terme d'"éloge", opportunément privé de son adjectif.
L'auteur, qui d'emblée prend ses distances politiques vis-à-vis de Breivik, n'échappe certes pas toujours à ces tendances quelque peu paranoïdes qui le menacent de plus en plus. Affirmer que AB est "le signe désespéré et désespérant de la sous-estimation par l'Europe des ravages du multiculturalisme : il signale aussi la défaite du spirituel face à l'argent." est sans doute un peu capillotracté, ou écrire que "décréter sa folie serait un moyen de le réduire au silence" n'est pas du meilleur niveau.
Pour autant, qui oserait nier, purement et simplement, ce qu'évoque "le délitement de la vieille Europe", "la ruine de la valeur ou du sens", ou les formes nouvelles de la grande peur des bien-pensants, voire "la conversion de l'individu en petit bourgeois inculte, mondialisé, social-démocrate" ?
Que RM ait voulu faire un coup, littéraire et commercial, éditorial et politique, est indéniable, et il se trouvait probablement de meilleurs prétextes pour soutenir le discours qui est le sien. Et je crains que parmi ses soutiens ne se trouvent beaucoup de crânes rasés incapables de lire et de comprendre la moindre de ses lignes...
Qu'il y ait, en tout état de cause, matière à débat est une certitude. L'autre certitude reste que l'agitation accueillant le livre n'allait pas dans le sens du débat mais dans celui de l'excommunication, et qu'à entendre les arguments on peut même douter qu'il ait été lu. Passés les slogans du prêt-à-penser et la mauvaise foi inhérente, assénés par les Torquemada du politiquement correct investis d'une morale totalitariste, rares ont étés à notre connaissance les réponses autres qu'opportunistes.
Faut-il que notre époque s'ennuie, ou qu'un vide de sens menace, pour en être parvenus à de tels cris d'orfraie,à propos de ce qui aurait pu être un simple éditorial engagé, s'il n'y avait eu en sus le talent de Millet, et bien sûr ce malheureux terme d'"éloge", opportunément privé de son adjectif.
L'auteur, qui d'emblée prend ses distances politiques vis-à-vis de Breivik, n'échappe certes pas toujours à ces tendances quelque peu paranoïdes qui le menacent de plus en plus. Affirmer que AB est "le signe désespéré et désespérant de la sous-estimation par l'Europe des ravages du multiculturalisme : il signale aussi la défaite du spirituel face à l'argent." est sans doute un peu capillotracté, ou écrire que "décréter sa folie serait un moyen de le réduire au silence" n'est pas du meilleur niveau.
Pour autant, qui oserait nier, purement et simplement, ce qu'évoque "le délitement de la vieille Europe", "la ruine de la valeur ou du sens", ou les formes nouvelles de la grande peur des bien-pensants, voire "la conversion de l'individu en petit bourgeois inculte, mondialisé, social-démocrate" ?
Que RM ait voulu faire un coup, littéraire et commercial, éditorial et politique, est indéniable, et il se trouvait probablement de meilleurs prétextes pour soutenir le discours qui est le sien. Et je crains que parmi ses soutiens ne se trouvent beaucoup de crânes rasés incapables de lire et de comprendre la moindre de ses lignes...
Qu'il y ait, en tout état de cause, matière à débat est une certitude. L'autre certitude reste que l'agitation accueillant le livre n'allait pas dans le sens du débat mais dans celui de l'excommunication, et qu'à entendre les arguments on peut même douter qu'il ait été lu. Passés les slogans du prêt-à-penser et la mauvaise foi inhérente, assénés par les Torquemada du politiquement correct investis d'une morale totalitariste, rares ont étés à notre connaissance les réponses autres qu'opportunistes.
mardi 16 octobre 2012
Aveyron Croatie...à Villefranche (suite)
J'ai donc animé le lundi 15 octobre, à l'invitation de l'Université des Savoirs Partagés de Villefranche de Rouergue, une soirée autour de mon livre "Aveyron Croatie, la nuit" et de la révolte de 1943.
Très bonne soirée, animée par Bernard Lauriac, une trentaine de personnes attentives et un échange intéressant en suivant, à propos de la révolte mais aussi autour du livre...
Merci à l'USP.
Très bonne soirée, animée par Bernard Lauriac, une trentaine de personnes attentives et un échange intéressant en suivant, à propos de la révolte mais aussi autour du livre...
Merci à l'USP.
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