dimanche 15 septembre 2019

Déjà parus...

Pour mémoire, un petit récapitulatif de mes oeuvres :

- Les Saints des derniers jours     L'Harmattan 2018
- Le Répountchou qu'es aquo ?     Vent Terral 2017 (avec AM Rantet-Poux)
- Mona Lisa ou la clé des champs     L'Harmattan 2014
- Passeport pour le Pays de Cocagne     Elytis 2012 (avec AM Rantet-Poux)
- Aveyron Croatie, la nuit     L'Harmattan 2011
- Histoires peu ordinaires à Toulouse     Elytis 2007
- Histoires peu ordinaires au Cap-Ferret     Elytis 2006 (avec Ch. Oyarbide)
- Week-end à Schizoland     Elytis 2005
- La Branloire pérenne     Elytis 2002

En vente dans toutes les librairies, chez l'auteur (voir rubrique commentaires) ou chez l'éditeur.
Les ouvrages publiés chez l'Harmattan sont aussi disponibles en version numérique (www.harmattan.fr)

dimanche 8 septembre 2019

Gilet jaune : à moitié condamné, à moitié regretté...

La presse s'en est largement faite l'écho la semaine dernière : l'un de mes presque voisins a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour avoir affiché sur sa camionnette "Flic suicidé, à moitié pardonné". Cette affaire ne m'a jamais passionné -des blaireaux qui répètent des "bons mots" sans les comprendre vraiment on en voit tous les jours- mais son épilogue me semble doublement attristant.
Sur le fond, la condamnation ne me parait pas très sévère, et autant il est grave de le faire sur un représentant de l'ordre autant il est inique et indécent de se réjouir d'un suicide : on peut être bête et méchant, et la tension autour du mouvement des Gilets jaunes n'excuse rien.
En même temps, comme il convient de dire ces temps-ci, on constate l'incapacité de notre époque à tolérer, sinon comprendre, le second degré : la justice traite la matière au premier degré, et dès lors bien des choses deviennent répréhensibles. Or en l'occurrence, et quoi qu'on puisse penser de sa valeur humoristique, il me semble que le "bon mot" que notre crétin a repris pouvait se relativiser, je dirais même s'interpréter ou se mettre en perspective, si l'on se réfère à une vieille tradition satirique ou pamphlétaire...
Sinon, combien de chansons de Brassens ou de Brel, par exemple, tomberaient de nos jours sous le coup de la loi, depuis le classique "Mort aux vaches" jusqu'aux émasculations de Brive la Gaillarde ? Et quel éditeur accepterait de prendre le moindre risque pour publier une oeuvre trop persifleuse ? Combien de morceaux d'anthologie seraient aujourd'hui morts nés ? Et d'ailleurs combien le sont ?
On peut se réjouir que la justice oblige chacun à prendre ses responsabilités, au lieu de bêler en troupeau. Mais je ne suis pas sûr que la démocratie, et tout ce que l'on met derrière ce mot, progresse beaucoup si cette justice refuse de distinguer la lune et le doigt...

vendredi 30 août 2019

Destins

La gloire s'enracine souvent dans la modestie : cette évidence m'est revenue en tête il y a quelques jours au hasard d'une déambulation dans les gorges du Viaur, la rivière récemment évoquée sur ce blog. Plus précisément, sur un lieu perdu d'un pauvre plateau de l'Albigeois aux confins du Rouergue. Un croisement de petites routes, un maigre hameau, trois fermes isolées, dont la Nougarié.
Une stèle qui rappelle que l'on n'est pas n'importe où, même si l'on est au milieu de nulle part.
Ici vit le jour, dans la deuxième partie du XVIIIème siècle, un homme plein de vie. Né dans ce Ségala paysan pour y être pauvre et berger, mais lettré par le curé de l'endroit, il fit partager à une jeunette locale sa pulsion de vie, l'engrossa mais refusa de l'épouser ; contraint par la justice, il dédommagea la belle et fuit la contrée. Albi, puis Toulouse, puis Tours, Paris et les lumières, comme secrétaire au conseil du Roi et quelques autres prébendes. Pendant ce temps, son frère est accusé d'avoir assassiné une jeune fille. A tort, certes, mais guillotiné quand même en lieu et place d'un notable.
Une maison, proche de la route, garde le souvenir de celui qu'elle a vu partir sous d'autres cieux, mais elle n'est pas la seule ; il n'était ni le premier ni le dernier à s'en aller ; peut-être serait-il aujourd'hui enfoui dans les limbes de l'Histoire si, pour faire oublier son patronyme de Balssa encombré de trop de faits de justice, il ne l'avait changé en Balzac. Son fils Honoré y adjoint une particule et lui donna aussi la gloire.


vendredi 23 août 2019

De mal en pis

Après la traditionnelle pause estivale, je me préparais à affronter la rentrée, mais sans zèle particulier. Mais ne voilà-t-il pas qu'une nouvelle s'étale sur le site de France 3 sud, nouvelle dont comme souvent on ne sait s'il convient d'en rire ou d'en pleurer...
Cela se passe sur Twitter. Une éleveuse aveyronnaise y avait posté la photo du pis d'une de ses vaches laitières, qui avait la particularité de posséder cinq mamelles (ce n'est pas si exceptionnel). C'est donc de belles rondeurs et une solide promesse de lait qui s'étalaient sur les écrans des smartphones ; une vache comme devait les aimer Rubens. Mais Twitter a supprimé la photo.
La raison reste mystérieuse, mais il est permis de craindre que la censure, peut-être algorythmique, ait souscrit à la fureur anthromorphique qui fait rage ces temps-ci. Et que la photo a été jugée indécente pour nos chères têtes blondes et nos incontournables talibans (pas toujours blonds).
C'était juste pour préparer la rentrée. Pourtant il m'arrive parfois de me demander si, un jour prochain, ce ne sera pas les femmes de Rubens qu'on effacera.

lundi 5 août 2019

Salons d'été

Les salons d'été se succèdent dans la campagne rouergate, et je participe à quelques uns. Le dernier week-end de Juillet a confirmé la dimension acquise par celui de La Fouillade depuis 22ans. Du monde, des ventes, des rencontres, et toujours une bonne ambiance.

Samedi 10 Août, ce sera à NAUCELLE (12) d'accueillir le circus, de 9 heures à 18 heures.

Dimanche 18 Août, cap sur le Sud Quercy avec la sympathique rencontre de LARAMIERE (46).

Les entrées sont libres. Autant d'occasions de nous rencontrer...

jeudi 1 août 2019

Viaur, fascinante rivière...

C'est le titre du dernier livre que j'ai lu. Il est signé Michel Lombard, l'éminent spécialiste dudit cours d'eau.
Peut-être, probablement même si on se fit aux statistiques de la fréquentation de ce blog, ne connaissez-vous pas cette rivière. Alors sachez simplement que sur 170 km elle traverse le département de l'Aveyron (dont il serait d'ailleurs plus juste qu'il s'appelât Viaur) depuis les plateaux du Lévézou jusqu'aux frontières du Rouergue à La Guépie, où elle se jette dans l'Aveyron (la rivière). 
Plus de quarante lieues au cours desquelles le Viaur gagne en sauvagerie (sauvagitude ?) ce qu'il perd en altitude. Peut-être est-ce pour cela que ceux qui le connaissent le trouvent fascinant. Ou à cause d'une Histoire forte ; ou à cause du caractère de ceux dont le destin s'y rattache, depuis les anti-papes du XVème siècle jusqu'au génial Jean Boudou du XXème, qui en fit le creuset de son oeuvre, en passant par l'immense Balzac du XIXème. Ou bien encore grâce à une flore et une faune comme peu de régions peuvent s'enorgueillir.
Le livre de Michel Lombard (aidé de quelques acolytes) vous donnera une vision exhaustive de toute cette richesse : Histoire, mythe, économie, flore, faune, tot aquo... Avec beaucoup de belles photos. Lisez-le donc, et vous commencerez à comprendre pourquoi le Viaur n'est pas une rivière comme les autres. Et alors vous vous jetterez sur les Contes et légendes du Viaur, du même auteur. Parce que le Viaur est envoûtant.

jeudi 25 juillet 2019

Festival de La Fouillade (12)

Comme chaque année se tiendra l'excellent Festival du Livre et de la BD de

                                          LA FOUILLADE (Aveyron)
                                                     27/28 Juillet

Ce sera la 22ème édition.
Ce salon, solide référence en matière de BD, reste également un très bon endroit pour les amateurs de littérature. Et, qui plus est, c'est un agréable moment d'accueil, d'affluence, d'ambiance et de complicité...
L'occasion de nous y rencontrer ?

samedi 20 juillet 2019

Gayssot et Avia, Charybde et Scylla

Nul besoin d'avoir franchi le Styx pour savoir que l'Enfer est pavé de bonnes intentions. Déjà en 1990, la loi Gayssot inaugurait la série des lois mémorielles, destinées à  combattre racisme, antisémitisme et xénophobie, tout ça... Louable intention, et même consensuelle à l'exception de quelques fronts bas. Mais s'il y eut une opposition auxdites lois mémorielles, elle vint des historiens, de tout bord et parmi les meilleurs (Nora, Furet, Ozouf, Rémond, Vidal-Naquet, Bédarida, Azéma, Juilliard, Winock, Decaux...) qui considéraient que c'était à la recherche et au débat d'émettre l'Histoire et non aux politiques de déclarer une vérité officielle. 
On aurait dû les écouter. Trente ans après, résultat des courses, le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie n'ont jamais été aussi présents ; et à cela s'est rajouté les diktats de toutes les minorités que ces lois ont encouragé, voire créé : brillant résultat pour la République...
Aujourd'hui tout le monde s'accorde pour contenir la fange qui inonde les réseaux sociaux : louable intention, comme d'habitude. Mais la motivation de combattre la "haine" (?) tient davantage du sentiment que du droit, et c'est bien sûr un premier risque. La mise en oeuvre de la loi transformera les fournisseurs d'accès, les réseaux, les plateformes... en gendarmes du web. Une forme de censure privée, c'est me semble-t-il un deuxième risque. Ce sont donc les algorythmes des GAFA qui vont décréter ce qui peut se dire et s'écrire, et éliminer aussitôt ce qui ne leur agréera pas (et effacer ainsi les preuves, mais c'est un autre problème...). On voit mal un propos au second degré faire rigoler cette intelligence artificielle, pas plus que la mise en contexte ou le clin d'oeil érudit... Iront-ils jusqu'à éradiquer sur You tube les images d'un Desproges, d'un Brassens, d'un Bedos, d'un Brel jonglant avec ce deuxième degré ? Mais bien sûr il nous restera ces phares de la pensée tordante que sont Hanouna ou Debbouze, d'autant plus fédérateurs qu'ils sont d'accès facile...
Perseverare diabolicum, est-il convenu de conclure devant ce constat. Et pendant ce temps, transparence et hygiène mentale obligent, un Robespierrisme moustachu obtient la peau d'un ministre à la vertu contestable mais respectant la légalité, et au surcroît démocratiquement arrivé dans ses fonctions... Mais y voir une manifestation de haine serait hors de propos.
On voit que monde avance, qu'il rassure et qu'il est chaque jour un peu plus moderne.

mardi 16 juillet 2019

LF Céline : y avait longtemps...

Nous en étions resté, début 2018 lorsque le projet de rééditer les pamphlets céliniens avorta, au traditionnel débat Céline-l'homme-et-l'oeuvre. Ces jours-ci, c'est France Culture (Grandes traversées) qui diffuse quelques émissions sur ces pamphlets, comme Libération le relate dans un article daté du 14 juillet. Les émissions semblent sensiblement à charge, refusant de distinguer l'homme et l'écrivain, l'esthète et le politique. Rien de bien nouveau donc, sinon que cette fois certains veulent faire de Céline un théoricien du nazisme, rien de moins. C'est ainsi que l'inénarrable et habituel Fourest proclame : "Céline s'est situé comme un porte-parole d'une vision militante du roman fasciste". Un certain Chapoutot, historien-chroniqueur à Libération, ne le lui cède en rien, qui décrit sans rire "un Céline militant pour Hitler" et exprimant "toutes les idées nazies, avec une force expressive qui n'existe pas dans la littérature nazie." Et d'en rajouter sur l'obsession de l'écroulement de l'homme blanc dans les textes céliniens, dans un parallèle avec Zemmour qui en dit long sur la hauteur de vue dudit Chapoutot. Qui en remet une couche en notant que l'écrivain était un médecin, passionné de médecine... comme les nazis. Si ça c'est pas un signe...
On a justement reproché bien des choses à Céline, outre ses propos ; son pacifisme intégral ramené de la guerre de 14, ses préventions vis-à-vis du Front populaire source de tension quand Hitler serait gage de paix, etc... Mais le voir comme un militant ou un théoricien nazi, ou même lui attribuer un réel rôle politique relève, de la part d'un historien, de la pure fumisterie. L'époque n'était pas encore aux écrivaillons qui croient refaire le monde en passant quelques minutes sur un plateau de chaine d'info. L'antisémitisme en France n'avait que foutre de Céline et se suffisait à lui-même. Ou alors il faudrait aujourd'hui de la même manière faire un procès à tous ceux qui, voilà quarante ou cinquante ans, louèrent les mérites de Pol Pot et quelques autres...
Alors oui il y a à l'heure actuelle un risque Céline car, comme le remarquait justement Serge Klarsfeld, les pamphlets sont "très talentueux, et aucun appareil critique ne tient le coup devant le torrent célinien". Cela étant, les antisémites de maintenant ont largement ce qu'il faut, sur Internet ou dans leurs mosquées, sans avoir recours aux éructations de Bardamu, qui d'ailleurs ne leur conviendrait guère.
J'ai la faiblesse de croire qu'il reste assez de gens intelligents pour distinguer les saloperies de Céline et son oeuvre hors norme : on peut ne rien pardonner à l'auteur des pamphlets et saluer ses livres. Il est curieux de voir comment ceux qui fustigent à juste titre le risque d'amalgame dans certains cas n'ont recours qu'à lui en l'occurrence. Alors on aimerait que plutôt que de produire des pages dans l'air du temps, les contempteurs de Céline fassent preuve d'arguments et non de slogans à la mode, sinon il ne restera bientôt rien à reprocher à Céline, si ce n'est un truisme du genre "c'est pas bien pour le vivre-ensemble". Et c'est bien là le vrai danger, de noyer l'antisémitisme abject d'un génie dans un gloubi-boulga militant...

vendredi 28 juin 2019

Vargas : confusions perverses

Le Point de cette semaine consacre, sous le titre "Fred Vargas : Cassandre ou faux prophète ?", un article sur les prétentions littéro-scientifiques de l'écrivaine. On sait que celle-ci a produit nombre de polars, qui se vendent très bien. Mais elle se hasarde régulièrement à des livres plus "scientifiques", arguant de son ancienne qualité de chercheur au CNRS.
Ainsi a-t-on connu en 2006 Vargas face au virus H5N1, contre lequel elle inventa une sorte de cape intégrale (un super burkini) pour s'en protéger. Car elle sait : "J'ai réalisé que l'épidémie se propage comme un feu de prairie et que, malgré tous les dénis, elle est inéluctable." La suite, ingrate, ne lui a pas donné raison.
On sait aussi que FV a animé le soutien à Cesare Battisti, ancien militant italien d'extrême-gauche accusé de 4 meurtres, réfugié en France puis en cavale, qu'elle avait décrété innocent. Aujourd'hui, même après les aveux de Battisti arrêté et extradé, elle s'appuie " non sur une conviction mais sur des recherches scientifiques et je maintiens mes conclusions". Circulez.
Elle vient de sortir "L'Humanité en péril" (Flammarion), un essai écolo-catastrophique comme l'époque les aime, dans lequel elle pronostique la disparition des trois-quarts de la population mondiale d'ici un demi-siècle. Même les plus motivés de nos climatologues en rigolent.
Bien sûr, l'impétrante retombe toujours sur ses pattes : tant mieux si la grippe aviaire a fait un flop, mais c'est elle qui avait raison. Battisti ? Elle maintient ses conclusions scientifiques.
Faut-il  voir là un problème ? Non, puisque c'est bien le privilège d'un auteur de s'inspirer de ses connaissances pour en écrire une transfiguration. Que Mme Vargas s'inspire de ses expériences simultanées d'auteure et de chercheuse (Tiens, à propos, pourquoi pas auteuse et chercheure ?) est tout à fait banal et logique.
Ce qui me parait pervers (les psy comprendront), c'est ce désir de soumettre les faits à ses désirs d'écrivain, fût-ce en niant le réel. Elle se sert de ses antériorités scientifiques, d'archéozoologue en l'occurrence (ça existe) pour poser l'écrivain et lui donner raison, comme si celui-ci ne faisait que la vulgarisation d'une Vérité. Certes, la notoriété de FV et le catastrophisme déjà évoqué se vendent très bien, mais on ne fera pas ce procès de vénalité à l'auteur. Pourtant tout cela ressemble finalement plus à un plan marketing bien ficelé qu'à une quelconque prise de conscience. Quant à la preuve que la grippe aviaire, la défense des persécutés ou le réchauffement climatique sont très importants, c'est qu'elle travaille beaucoup dessus, nous dit-elle. Peut-être finit-elle par croire à ce qu'elle a écrit.
On sait que les certitudes des petits scientifiques ne sont pas les plus molles, quitte à se révéler calamiteuses l'instant d'après. Si Fred Vargas s'inspirait de problématiques scientifiques, quelles qu'elles soient, pour asseoir une roman, il n'y aurait rien à redire : beaucoup l'ont fait avant elle, on appelle d'ailleurs ça science-fiction. Le problème vient qu'elle prétend, avec le soutien de quelques amis journalistes d'extrême-gauche, avoir écrit un essai rationnel, argumenté et objectif.
Reconnaissons toutefois un mérite à FV, c'est que, avec quelques années de recul, elle fait beaucoup rire. Et telle les généraux de Cocteau, elle ne se rend jamais. Même à l'évidence.